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Heurts aux Chapélies : 7 mises en examen prévues d'ici ce soir

  • Publié le 24/07/2013 à 14:46
  • Par Marie Christine MALSOUTE


"Sept jeunes hommes dont 4 militaires du 126e RI et 3 habitants des Chapélies qui avaient été placés en garde à vue hier, sont présentés actuellement au juge d'instruction", a précisé en fin de matinée le procureur de la République Jean-Pierre Laffite. Ils devraient être placés sous contrôle judiciaire, afin d'empêcher tout nouvel affrontement. Huit jours après les heurts survenus aux Chapélies dans la nuit du 16 au 17 juillet, les investigations se poursuivent. "La loi s'appliquera de la même façon pour tous, quelles que soient les personnes mises en cause", assure le procureur.





Les mises en examen portent, selon les personnes, sur des faits de violence en réunion, dégradation volontaire de bien en réunion, participation à un attroupement armé, violence non délictuelle et violation de domicile, des délits assujettis de peines pouvant aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. "Il s'agit d'événements graves, il fallait absolument identifier les protagonistes", a déclaré Jean-Pierre Laffite en rappelant le déroulé des faits. "L'origine se situe en amont la veille, le 15 juillet: un groupe de jeunes des Chapélies s'est rendu dans une résidence privée proche pour y bénéficier sans autorisation de la piscine. Cette intrusion a entraîné la réaction des résidents puis des violences verbales et des coups de part et d'autre. S'en est suivie le lendemain une "expédition punitive" opposant dans la nuit "plusieurs dizaines de personnes de chaque côté" et "des scènes successives de représailles".

"Enquête, témoignages et recoupements ont permis d'interpeller certains protagonistes qui ont tété placés en gardes à vue et présentés au juge d'instruction en vue de leur mise en examen." Taisant leur identité, le procureur a juste précisé: "Ces personnes ont entre 18 et 24 ans et étaient impliquées dans la scène d'origine. Quatre sont des militaires du 126e RI de Brive et les 3 autres résident aux Chapélies. Il ne s'agit pas de faire peser une responsabilité collective mais bien de déterminer pour chacune le degré exact de responsabilité pénale dans les événements." Les sept individus devraient être placés d'ici la fin de la journée sous contrôle judiciaire, avec des heures de sortie autorisées, "afin d'empêcher tout nouvel affrontement", a précisé le parquet.

Les investigations ne sont pas terminées. "Une commission rogatoire sera délivrée dans les prochaines heures afin de poursuivre les recherches. Il peut y avoir d'autres gardes à vue, d'autres mises en examen", annonçait le procureur qui voudrait notamment éclaircir un événement dramatique: une femme enceinte de 3 mois assistant à la "scène de la piscine" a perdu son bébé dans les jours suivants. "D'après les témoignages, aucun coup ne lui a été porté, mais il faut déterminer si la scène violente a pu avoir un lien causal sur la perte de son enfant." D'autres interrogations demeurent sur l'utilisation éventuelle d'armes à feu la nuit des événements. "Les témoignages semblent confirmer qu'il y ait eu des détonations, mais aucune arme a été saisie."

"C'est une enquête difficile qui a d'ailleurs mobilisé tous les moyens du département", complète le nouveau commissaire de police de Brive, Christine  Longuechaud. "La situation est très complexe, l'enquête est menée dans un climat de tension et de réticences qui ne facilite pas les témoignages." Quant au dispositif mis en place pour assurer la sécurité, la directrice départementale adjoint de sécurité publique assure que "les moyens s'adapteront aux risques", sans vouloir préciser plus avant et stigmatiser le quartier. A noter également que le procureur a tenu à saisir dès ce matin l'association départementale l'Aravaic d'aide aux victimes afin d'apporter une solution dans l'indemnisation des propriétaires des véhicules dégradés.