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Le Briviste Pierre Mouzat œuvre dans une nouvelle dimension

  • Publié le 09/08/2013 à 15:07
  • Par Jennifer BRESSAN


"C'est mon premier bronze de cette taille", se réjouit le sculpteur briviste Pierre Mouzat. Le personnage qui a eu l'honneur de prendre de la hauteur est celui de La Sentinelle, créé il y a deux ans. Il renaît aujourd'hui de son bronze et culmine à 1,70m. Une dimension à laquelle l'artiste semble avoir pris goût.



Personnage usé par la vie et ses vicissitudes, par "la connerie humaine", résume Pierre Mouzat, La Sentinelle semble pourtant en paix. Créée il y a deux ans par Pierre Mouzat, la sculpture voit désormais la vie en grand. Du haut de ses 1,70m, elle en impose, impressionne. Une première pour l'artiste.

Cette pièce fait partie de la nouvelle écriture artistique du sculpteur, celle basée sur la créativité pure (nous vous en avons déjà parlé ici et ici) et complète un travail plus académique et technique, directement sorti de sa formation à l'école Boulle.

"Aujourd'hui, mon écriture s'inscrit dans le décharné", explique-t-il. Et sa technique, aboutie et rigoureuse, se passe de socle.  "Je pense être le seul à œuvrer de la sorte", assure-t-il. "Tout cela a commencé par un concours de circonstance. Un jour que je n'avais pas les matériaux pour confectionner le socle, c'est par flemme que j'ai commencé à la monter à partir de rien. A la fin du travail, elle tenait toute seule... sur ses propres pieds. La première pièce était assez droite, figée." Aujourd'hui, il arrive à faire tenir en équilibre des corps voûtés, repliés dans des postures où les membres se tordent.

Une technicité que l'artiste n'a pas hésité à mettre en œuvre pour sa première pièce grandeur nature. "Ça change tout", estime-t-il. En outre, Pierre Mouzat ne s'est pas contenté de faire agrandir La Sentinelle dans un atelier spécialisé. Il en a retravaillé la matière. "En différents endroits du corps, ça ne fonctionnait pas", explique-t-il. Et de citer l'exemple des seins assez pleins et ronds dans la première version que l'artiste a choisi de creuser dans la dernière. "Le format le nécessitait". Il poursuit: "Je pense que plus ça ira, moins il y aura de matière, de chair", explique celui qui est décidément plus proche d'un Giacometti que d'un Botero.

L'artiste espère dorénavant pouvoir travailler sur ce type de format, quasi monumental, le plus souvent possible. Mais cela a un coût en fonderie. "Je n'aurais pas pu le financer", reconnaît-il. Commande privée, La Sentinelle a pourtant toutes les chances de s'exposer dans des galeries et des salons grâce à un accord passé avec l'acquéreur qui l'y autorise. "La galerie Slotine à Paris est intéressée et pourrait l'amener à St-art, la foire d'art contemporain de Strasbourg", avance Pierre Mouzat. En attendant, elle est visible sur demande dans l'atelier de l'artiste, rue de la République.

Egalement des cours de modelage le mardi matin de 9h30 à 11h30 ainsi que les mardi et jeudi soirs entre 19h et 21h. Informations et inscriptions au u 06.17.25.45.38.