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Claire Diterzi se met à nu dans Le Salon des refusées

  • Publié le 03/10/2013 à 14:51
  • Par Jennifer BRESSAN


Claire Diterzi, l'inclassable, est en concert au théâtre ce soir, à l’occasion de la sortie son 5e album solo Le Salon des refusées écrit durant sa résidence à la Villa Médicis à Rome qui a fait polémique en 2010. Infos et réservations auprès des Treize arches au 05.55.24.62.22.

Elle respire la sympathie à plein nez. Claire Diterzi, la quarantaine rayonnante, n’envoie pas dire. Pas plus qu’elle ne s’embarrasse de précautions, de conventions. Elle dit les choses comme elle les pense et les fait comme elle le sent. Il en va de même de sa musique. "Je ne calcule rien, ce que je fais est sincérissime", avance-t-elle, en entortillonnant entre ses doigts ses boucles cuivrées. "Je fais ce que j’aime, ce qui me touche. Je suis portée par l’envie de progresser pour m’aimer, de faire marrer et rêver les gens avec qui je travaille. Et j’aime bien inventer pour faire avancer le schmilblick !"

C’est ce qui l’a guidée dans la création de son 5e album solo, écrit en 2010, lors de sa résidence à la Villa Médicis. Première artiste de musique actuelle à décrocher une bourse dans le prestigieux palais, Claire Diterzi n’est pas passée inaperçue et a déclenché une vague de ressentiment et de frustrations. Pétitions, démission d’une grande partie du jury…

La résidence n’a pas été un long fleuve tranquille mais l’auteur, compositeur, interprète et guitariste qui vient du punk, du rock pur et dur, a de la ressource. Elle fera de cette attaque son œuvre. Pas revancharde pour un sou, Claire Diterzi se sent « vraiment épanouie par ce projet. Finalement, cette polémique m’a rendu service ! »

Elle poursuit : "J’ai joué le jeu de la résidence. Je suis arrivée avec un cahier blanc et me suis imprégnée de la ville, de cet exil." De cet endroit à part, "où le temps prend une grande claque et où on ne sait plus bien dans quel siècle on se trouve", elle a fait jaillir une œuvre unique et inclassable, absolument différente de Rosa la Rouge qu’elle était venue jouer à Brive il y a deux ans. "Au bout de six mois, je n’avais toujours rien écrit mais j’avais le titre Le Salon des refusées et l’envie d’intégrer le son de la viole de gambe qui évoque le passé, qui est hors du temps."

Un choix audacieux. D’autant plus qu’elle le mêle à la guitare électrique ! "Ce projet a été difficile à monter et courageux», reconnaît-elle. Dans un décor épuré, un espace intimiste, elle s’est mise à nu sur des textes ciselés, touchants et drôles. "Le titre de l’album paraît un peu pompeux mais j’ai ajouté beaucoup d’humour et de conneries !" Et à entendre son langage coloré, on n’en doute pas un instant ! In fine, c’est une œuvre qui, une fois n’est pas coutume, ne laisse pas indifférente. « Ça plaît ou ça ne plaît pas. C’est du 50-50 parmi la critique, le public, même dans ma famille et mes amis ! » Décidément, Claire Diterzi  n’en fait qu’à sa tête  sans s’embarrasser du consensuel! Et pour cause, elle ne mise pas tout sur la vente de disques, encore moins sur les passages en radio. C’est qui la fait rêver par contre, c’est la scène, "ma réalité", là où, grâce à elle, on comprend mieux ce que le mot panache veut dire !

Le Salon des refusées de Claire Diterzi, ce soir à 20h30 dans la grande salle du théâtre. Infos et réservations auprès des Treize arches au 05.55.24.62.22.