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Touche pas à mon POLT

  • Publié le 16/01/2014 à 13:44
  • Par Patrick MENEYROL
CGT axe ferroviaire Polt

La CGT veut, une nouvelle fois, mobiliser autour de ses inquiétudes concernant l'axe Paris-Limoges-Toulouse. Les représentants locaux et régionaux du syndicat dénoncent un manque de moyens et un risque possible de "saucissonnage" de cette liaison et d'autres, avec à terme, une atteinte notable à la notion de service public aux usagers.

CGT axe ferroviaire Polt Pour la CGT, le POLT est un axe majeur du réseau ferroviaire français. Plus de 700 km. 32 départements desservis. 5 millions de personnes concernées. "C'est une liaison à caractère national et européen avec un vrai rôle à jouer dans l'aménagement du territoire" et pourtant, "tout semble fait pour que cet axe meurt petit à petit". La centrale dénonce un véritable désengagement de l'Etat en ce qui concerne les investissements qu'elle juge nécessaires pour les infrastructures, les hommes et les matériels. CGT axe ferroviaire Polt "Assommés par la dette du rail en France, qui équivaut à un milliard d'euros par an versé aux banques rien que pour les intérêts" selon les syndicalistes, "les moyens ne sont plus là pour permettre de mettre à niveau et moderniser le réseau, même si", précisent-ils, "ce dernier reste sur pour les usagers mais sur lequel on a pris du retard".

CGT axe ferroviaire Polt Ce désengagement met en avant les régions qui, de plus en plus, prennent le relais mais "avec, là aussi, un manque de moyens pour entretenir les infrastructures et renouveler les matériels mais également, de grosses difficultés à s'entendre entre elles". La crainte est donc que "chacun fasse les choses dans son coin avec à la clef un véritable saucissonnage des tronçons". Pour l'usager, cela veut dire des ruptures de charge, à savoir l'obligation pour les passagers de descendre d'un train pour monter dans un autre, ou pire, de rater sa correspondance ou de devoir prendre un bus sur une partie de son trajet. L'exemple cité est Limoges-Toulouse qui, avant, était direct, alors qu'aujourd'hui, il faut changer à Brive.

CGT axe ferroviaire Polt Une régionalisation qui inquiète également la CGT en ce qui concerne le matériel roulant. "il risque d'y avoir des disparités entre régions riches et moins riches" souligne le syndicat. Certaines pourront s'équiper, d'autres non. "Alors que tout le monde pourrait être équipé en rames TGV, beaucoup plus modernes et confortables, que les wagons corail qui ont 50 ans". La SNCF s'apprête, en effet, à réformer 120 rames et envisage de les louer à l'Allemagne. "Pourquoi ces matériels ne sont pas attribués au réseau inter cité français en attendant de nouveaux investissements" questionne la CGT? Pour elle, c'est une perte de capacité qui est, de plus, de l'argent public et donc des impôts. Par ailleurs, les rames TEOZ à bout de souffle rallongent les temps de parcours. Il faut savoir en effet qu'il faut plus de temps aujourd'hui pour aller de Toulouse à CGT axe ferroviaire Polt Paris que dans les années 70 avec le "capitole".

L'argent public à Brive, c'est aussi le pôle multimodal. Pour la centrale syndicale, c'est un bon investissement "mais attention" prévient-elle, "si certains axes sont saucissonnés ou voient certaines de leurs parties proprement et simplement fermées, comme cela risque d'arriver sur des liaisons Nord-Sud ou Est-Ouest, qu'adviendra-t-il de ce bel équipement?"