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La CCI débute l'année en colère

  • Publié le 21/01/2014 à 13:45
  • Par Patrick MENEYROL
Conference de presse CCI

"Une manière inquiétante et intolérable". C'est en ces termes que Jean-Louis Nesti, le président de la Chambre de commerce et d'industrie, a qualifié l'amputation, par l'Etat, de 700.000 euros des réserves de la chambre consulaire pour 2014. Une mesure qui touche toutes les CCI de France et qui pourrait avoir, selon lui, des conséquences non négligeables sur leur fonctionnement et le soutien qu'elles apportent aux entreprises et à la formation.

"Nous sommes outrés! Spoliés de nos ressources!" Les mots de Jean-Louis Nesti sont forts. Il faut dire qu'avec cette disposition de la loi de finances 2014, ce sont 20% de ses capacités financières qui vont sortir de la CCI pour aller dans les poches de l'Etat. Conference de presse CCI"Et nous ne savons même pas" a-t-il ajouté "à quoi cet argent va servir". La mesure passe mal. Les CCI ne sont pas financées, en effet, par des fonds publics. Leurs ressources viennent, d'une part de prélèvements sur les entreprises, d'autre part de leurs propres avoirs. Des avoirs que l'Etat a donc décidé de ponctionner, tout en baissant les prélèvements sur les entreprises, un dernier point sur lequel les élus consulaires sont, cette fois, d'accord puisque cela soulage leurs trésoreries.

Cette amputation des ressources peut avoir des conséquences. Selon Jean-Louis Nesti, "si cela perdure en 2015, nous pourrions être amenés à des suppressions de postes au sein de la CCI. De plus, comment assurer nos missions d'aides aux entreprises, l'accompagnement des créations, la formation des jeunes, l'assistance aux pépinières d'entreprises, et même notre participation au fonctionnement de l'aéroport si nos capacités d'engagement sont ainsi réduites?"  Conference de presse CCI"Nous avons besoin de moyens humains et financiers mais aussi de confiance" renchérit-il.

Cette confiance, le président de la CCI estime qu'elle est absolument nécessaire. La situation est difficile, en Corrèze comme ailleurs. Dans le département, il semble qu'en 2013, les industries des biotechnologies cosmétiques, du bois, de l'agroalimentaire, de la mécanique et de l'électronique résistent relativement bien à la crise. Ce n'est pas forcément le cas de celles de l'hôtellerie, de la restauration, du BTP, du commerce de proximité ou des services à la personne qui semblent dans des situations beaucoup plus tendues. On ne connaitra qu'à la fin de la semaine les chiffres des défaillances d'entreprises dans le département, mais quels qu'ils soient, "le combat restera difficile pour maintenir, et a fortiori développer,  le tissu économique corrézien".

Pourtant, la CCI garde des ambitions. Dans un département qui accueille environ 10.000 entreprises dont 90% de PME et de TPE, Conference de presse CCIelle veut axer ses actions autour de plusieurs secteurs de travail. D'abord l'innovation tous azimut et pas seulement technologique, avec une action envisagée cette année entre écoles et entreprises innovantes. Ensuite, l'harmonisation avec un travail en collaboration et en réseau avec les collectivités locales ou territoriales pour éviter une concurrence entre les territoires. Enfin, appuyer et faire du lobbying pour permettre à la Corrèze de bénéficier de réalisations structurantes et porteuses de développement comme par exemple la ligne à grande vitesse, l'internet très haut débit ou certaines offres touristiques. des chantiers que la CCI veut intensifier tout en maintenant et développant 2 autres pans de son activité: la formation des jeunes et l'aide à l'international pour les entreprises.