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Pour Julie et Bérénice l'inégalité n'est pas un vain maux

  • Publié le 25/03/2014 à 13:14
  • Par Michel DUBREUIL
Julie Cantaloube et Bérénice MontarnalDeux lycéennes  brivistes de 17 ans, Julie Cantaloube et Bérénice Montarnal, ont été sélectionnées pour la finale du prix "Jeunesse pour l'égalité" organisé par l'Observatoire des inégalités qui se déroulera le 9 avril à Paris.

L'Observatoire des inégalités est une association créée à Tours en 2003 qui a pour but de rassembler les données et les analyses portant sur les inégalités en France et dans le monde. Présidé par Noam Leandri et dirigé par Louis Maurin, s'appuyant sur un comité scientifique composé d'économistes, sociologues, philosophes, juristes... L'Observatoire a mis en place un concours destiné aux jeunes âgés de 11 à 21 ans. Ces derniers, à travers des vidéos ou des affiches, devaient travailler sur les clichés et stéréotypes véhiculés par les inégalités et les discriminations.

Julie CantaloubeL'annonce de ce concours n'a pas échappé à l'oeil curieux de Julie..."Je l'ai repérée dans un journal, et j'en ai immédiatement parlé à Bérénice. Elle a été d'accord tout de suite. On fonctionne d'ailleurs comme ça... quand l'une propose, l'autre embraye"...

Il faut dire que les deux amies se connaissent bien. Toutes les deux en terminale scientifique à d'Arsonval, elles partagent également le même amour de la musique et se retrouvent régulièrement dans les rangs de l'Alauzeta, l'orchestre symphonique des jeunes du pays de Brive. Bérénice, après avoir débuté par le piano, joue du hautbois; Julie quant à elle pratique le violon et avoue un penchant pour la comédie musicale.

Toutes les deux se sont lancées, attirées par le thème général des inégalités. "On a commencé par réfléchir sur un thème particulier et on a choisi celui de l'égalité femme-homme parce qu'on est témoin de cette inégalité régulièrement, dans notre entourage. On entend des jeunes de notre âge tenir des propos incroyablement archaïques qui nous choquent. Le pire c'est qu'eux ne s'en rendent même pas compte tellement c'est intégré". "On a même l'impression, complète Bérénice, d'assister à une véritable régression au niveau de la femme. Ce concours nous est apparu comme étant un bon moyen de passer, à notre niveau, du constat à l'action".

Bérénice MontarnalJulie et Bérénice se sont donc mises au travail. Elles ont tout d'abord réfléchi au slogan: "on voulait quelque chose de percutant avec un jeu de mots qui fasse réfléchir". Après plusieurs essais est née l'affiche intitulée "Problème de grammaire", avec ce slogan: "L'égalité? Elle va Mâle" accompagné de la légende suivante: "Ironie du sort, égalité est un mot féminin. Pourtant des milliers de femmes sont encore victimes de discriminations. Et si on en faisait un pluriel?"

Une fois le texte trouvé, il a fallu s'attaquer au graphisme. "Le côté artiste, c'est surtout Julie",  précise Bérénice en souriant. "On a essayé plusieurs mises en page avec une constante, on voulait que le mot mâle soit le plus visible possible", ajoute Julie. Par la suite, les deux amies apprennent qu'elles sont finalement sélectionnées parmi 400 participants pour la finale à Paris le 9 avril, à la mairie du 10e arrondissement. Une jolie surprise, avec à la clef des prix possibles mais avant tout des rencontres : "il y aura lors de cette journée des tables rondes et des débats avec des chercheurs sur ce thème. C'est surtout ça qui nous intéresse".

L'autre motif de satisfaction réside dans le travail effectué: "ça nous a fait réfléchir, et outre cette réflexion l'aspect communication, synthèse, recherche de slogan, nous a bien plu". Un domaine que Julie, qui se destine à Sciences po, aimerait bien continuer à explorer, mais qui ne fera pas dévier Bérénice de son choix initial, devenir médecin.

Ce concours marque le point de départ d'une campagne de sensibilisation sur les préjugés que l'Observatoire des inégalités souhaite mener à destination des jeunes mais aussi du grand public. Cette campagne permettra d'abord de relayer les créations des jeunes dans l'espace public, dans les médias, sur les réseaux sociaux. Ensuite, les productions pourront également servir de supports à des interventions des membres de l'Observatoire dans les établissements scolaires ou extrascolaires qui accueillent les jeunes publics.

Ces affiches, visuels, et vidéos serviront de supports à des interventions des membres de l'Observatoire dans les établissements scolaires ou extrascolaires