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« Nous entrons dans l'ère de l'élu gestionnaire »

  • Publié le 24/04/2014 à 09:37
  • Par Olivier SOULIÉ
Christophe Patier, premier adjoint, et  le maire Frédéric Soulier (photo d'archives)

Hier soir, le conseil municipal avait à l'ordre du jour le débat d'orientation budgétaire, qui précède le vote du budget qui interviendra le 30 avril.

La nouvelle municipalité a annoncé « 4 ans de rigueur avec environ 5% d'économies de fonctionnement sur la période » afin de « retrouver des capacités pour réinvestir »

La formule de Frédéric Soulier a le mérite de la clarté : « Nous avons connu l'ère des maires bâtisseurs, puis l'ère des maires dépensiers. Nous entrons désormais dans l'ère de l'élu gestionnaire ».

Le débat d'orientation budgétaire, qui se tenait hier soir lors du conseil municipal, a permis à la nouvelle municipalité d'expliquer quelle sera la feuille de route pour l'année à venir, et même au delà puisque Frédéric Soulier a évoqué « 4 ans de rigueur ».

Le compte administratif, présenté en introduction et qui est le document de référence sur la gestion de l'équipe précédente, montrait, selon le 1er adjoint en charge des finances Christophe Patier « des investissements et emprunts très élevés, et une faiblesse de l'épargne brute ».

Un constat que l'ancien maire devenu leader de l'opposition Philippe Nauche assume pleinement, justifiant le fort niveau d'investissement lors de son mandat par « la nécessité de faire travailler des artisans, notamment dans le BTP, afin qu'ils ne licencient pas et ne mettent pas la clé sous la porte ».

La Ville dans "l'antichambre de la mise sous tutelle"


Si la majorité entend ce discours, un nouvel élément est venu conforter le maire et son équipe dans ce choix de réaliser des économies drastiques dans les années à venir : l'annonce de la semaine dernière, par la direction générale des finances publiques (DGFiP), du placement de la Ville dans son réseau d'alerte.

« Il s'agit de l'antichambre de la mise sous tutelle », a expliqué Christophe Patier, avant d'ajouter que « l'ancienne équipe avait été prévenue d'un éventuel placement en réseau d'alerte, mais n'a pas rendu cet élément public et a malgré tout continué à investir à un niveau trop élevé. »

Le maire Frédéric Soulier a tout de même précisé que « les investissements à venir, même plus raisonnables, permettront aux entreprises locales de travailler ».

Investir en fonction des capacités financières


Même si des ajustements sont toujours possibles d'ici le vote du budget le 30 avril, la municipalité a expliqué que, « alors que le montant des propositions d'investissement 2014 non arbitrées par l'équipe précédente s'établissait à 37 millions », elle avait « dimensionné le montant des dépenses d'équipement 2014 à 20 millions », afin de « mettre en adéquation la programmation annuelle d'investissement de la collectivité avec ses capacités financières ».

S'ajoutent les reports de dépenses nés des investissements élevés de la mandature précédente. Ils s'élèvent à 16,56 millions pour 2014.

« Une opération comme le centre nautique, engagée par la précédente équipe et sur laquelle il serait déraisonnable de revenir, va nous plomber pour les deux années à venir », a prévenu Frédéric Soulier. De fait, elle représente à elle seule quelque 12 millions d'euros pour 2014.

"L'impérieuse nécessité de changer de cap"


« Les dépenses de fonctionnement sont structurellement plus élevées que dans les villes comparables, les dépenses de personnel ont augmenté de 7,7 millions entre 2007 et 2013, 3 millions ont été investis pour la culture pour 300.000 euros de recettes », a listé Christophe Patier. « Logiquement, l'épargne nette de la Ville a subi une évaporation quasi totale, passant de 9,6 millions fin 2007 à 1 million fin 2013. Sur la même période, la dette par habitant est passée de 945 euros par habitant à 1.556 euros et notre capacité de désendettement est passée de 3,5 ans à 11,37 ans. Désormais, face à ce constat et en considérant en plus que le désengagement de l'Etat va amputer le budget de 900.000 euros pour 2014, nous avons l'impérieuse nécessité de changer de cap ».

L'opposition a beau dénoncer un budget de « super austérité » par la voix du communiste Alain Vacher et prévenir des conséquences « sur le plan social et humain » d'une « rigueur absurde » par la voix de Philippe Nauche, la majorité a choisi « le chemin de la rigueur ». Frédéric Soulier sait déjà « qu'il y aura une conséquence sur la commande publique » et que « ce budget volontariste et courageux » risque de le rendre « impopulaire », mais il est "déterminé à redresser la barre ».

Des économies sur les dépenses de personnel


Les économies devraient, pour l'essentiel, se faire au niveau des dépenses de personnel, « avec une mutualisation des services, notamment entre la Ville et l'Agglo, le non renouvellement d'agents contractuels et de départs en retraite, et nous aurons moins d'employés saisonniers ».

Pour Christophe Patier, « tous les services seront concernés par cet effort, et nous chercherons les économies à réaliser euro par euro. Nous agirons dans le cadre de projets de service mis en place avec les agents que nous rencontrerons dans les prochaines semaines. »

Frédéric Soulier a évoqué un "changement culturel" au sein de la collectivité, avec "une nouvelle gestion de l'argent public". L'équipe municipale pourra compter, pour tenir le cap, sur les conclusions d'un audit externe qui devraient être connues en juin. "Cet audit portera sur l'avenir et non sur la gestion passée".

Pour plus de détails, nous vous invitons à visionner le conseil municipal d'hier sur le site officiel de la Ville en cliquant ici.