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Le budget débattu puis voté, avant des ajustements en juillet

  • Publié le 02/05/2014 à 13:26
  • Par Olivier SOULIÉ


Le budget primitif 2014 de la Ville de Brive a été voté par le conseil municipal mercredi soir. L'opposition a pu s'exprimer, critiquant notamment la rapidité avec laquelle la majorité souhaitait réaliser des économies. L'équipe en place a souligné, en substance, l'urgence à sortir la Ville d'une situation financière dégradée, et ceci sans augmenter les taux communaux d'imposition sur la durée du mandat.

Frédéric Soulier et, au second plan, Christophe PatierLe débat d'orientation budgétaire avait montré la voie que suivrait la majorité pour les années qui viennent en terme de budget. Le « seul chemin possible » est celui-ci : « réaliser des économies de fonctionnement afin de retrouver d'ici 3 à 4 ans des capacités financières pour réinvestir ».

Le maire de Brive Frédéric Soulier a rappelé une formule bien connue des gestionnaires des collectivités publiques : « Des économies de fonctionnement à hauteur de 1 million permet de réaliser des investissements à hauteur de 10 millions ».

En outre, la majorité souhaite sortir au plus vite la Ville du réseau d'alerte dans laquelle la direction générale des finances publiques (DGFiP) l'a placée il y a deux semaines, « conséquence des investissements trop lourds réalisés par l'équipe précédente, sans tenir compte des alertes de la DGFiP ».

Des dépenses d'équipement à hauteur de 23 millions


Le 1er adjoint Christophe Patier, en charge des finances, a confirmé que « la stratégie budgétaire serait celle déjà évoquée la semaine dernière » (voir notre article), avec tout de même un ajustement : le montant des dépenses d'équipement, que la majorité espérait pouvoir limiter à 20 millions d'euros, se chiffrera finalement à 23 millions.

Christophe Patier« C'est déjà un effort considérable car nous avions à traiter parmi 37 millions d'euros non arbitrés par l'équipe précédente » a précisé le 1er adjoint avant de rappeler que « nous reviendrons avec une décision modificative en juillet, et ce sera là notre « vrai » budget ».

Le conseil municipal devait en effet obligatoirement voter le budget primitif au plus tard le 30 avril, ce qui ne laissait que quelques semaines à l'équipe nouvellement élue pour apprécier finement la situation financière de la Ville et préparer ce budget. Le travail va donc se poursuivre et des ajustements seront proposés.

Un contentieux s'invite dans le débat


L'opposition s'est exprimée et des fantômes du passé ont parfois resurgi, notamment à travers la voix de Frédéric Filippi : « Des procédures sont en cours, devant le Conseil d'Etat, et la Ville risque d'être lourdement condamnée d'ici la fin de cette année, peut-être à hauteur de 8 millions d'euros », a expliqué l'ancien élu en charge des finances, faisant référence à un contentieux avec la Société Auxiliaire de Parcs sur la gestion des places de stationnement. « Nous avions provisionné 4,7 millions d'euros pour faire face si condamnation il y a. Vous avez réduit cette provision à 1 million. Pourquoi ? ».

Frédéric Soulier a répondu sans ménagement à l'élu d'opposition, rappelant au préalable que le contentieux date de 1993 et dénonçant un « numéro de trapéziste malheureux » de la part de son opposant.

Pour le maire de Brive, "cette provision relève d'un exercice d'écriture comptable et n'a jamais été financée, puisqu'il aurait fallu pour cela la financer par l'emprunt. Vous ne l'avez pas fait, et je le comprends, car pourquoi diable financer un emprunt alors que le risque n'est pas certain ! Et cela aurait en plus impacté directement l'épargne nette qui a pourtant déjà fondu comme neige au soleil en passant, sous la mandature précédente, de 10,5 millions à 1 million ! »

Tout en reconnaissant que l'issue du recours judiciaire « s'annonce délicate » pour la Ville, Frédéric Soulier a indiqué que, « si condamnation il y a, nous financerons par l'emprunt ».

Attaque et réplique sur le terrain du symbolique


Patricia Bordas a critiqué le budget proposé, ciblant par exemple « la baisse des subventions aux associations de 228.000 euros » ou encore « les frais de représentation du maire qui augmentent de 1.120 euros par rapport au compte administratif, ce qui n'est certes pas une somme importante mais qui correspond à une augmentation très symbolique de 28 % ».



Ce dernier point a fait bondir le 1er adjoint Christophe Patier. L'élu a répliqué que « le maire a besoin de disposer de cette somme parce qu'au moment d'une installation, il y a des nécessités de réception et de prises de contact un peu plus importantes ».

Et s'est fait cinglant, en n'hésitant pas à indiquer, avec fermeté, que, « avec cette majorité, il n'y aura pas de remboursements de frais de déplacement de 2 euros pour les conseillers qui auront eu à se rendre dans une commune voisine, surtout quand on considère que le traitement d'un remboursement de frais est estimé entre 35 et 50 euros ».

Des efforts "nécessaires mais trop rapides" selon Philippe Nauche


Philippe Nauche a évoqué un budget « théorique, dogmatique mais malheureusement irréaliste », tout en reconnaissant la nécessité de « faire des efforts de gestion » notamment en étant « vigilant sur la masse salariale ». L'élu a poursuivi en exprimant une crainte : « Vous avez fait le choix d'aller trop vite, vous n'y arriverez pas. Vous serez obligé de réduire l'autofinancement prévu et donc, soit de réduire encore les investissements, soit d'emprunter ».

A un propos de Frédéric Soulier lui indiquant à propos de la réduction des frais de fonctionnement qu'il aurait « fait la même chose » s'il avait été réélu, le leader de l'opposition a répliqué : « Oui, mais avec une pente plus douce ».

L'opposition a voté contre le budget. Jean-Claude Deschamps, élu Modem, a préféré s'abstenir, estimant qu'il serait « incohérent de voter contre le budget pour ensuite voter des dépenses »

Pour plus de détails, nous vous invitons à visionner le conseil municipal de mercredi sur le site officiel de la Ville en cliquant ici.