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Témoigner… Pour ne pas oublier

  • Publié le 21/05/2014 à 08:24
  • Par Patrick MENEYROL
Auschwitz Birkenau baraquements Pano

C'est un moment à part, un moment de mémoire, auquel vous invite le centre Edmond Michelet demain, jeudi 22, à 20h30 au musée Labenche. Une rencontre avec une survivante des camps de la mort. Odette Spingarn n'avait pas 18 ans quand elle fut envoyée à Aushwitz. Elle en est revenue, vivante, et son témoignage vaut tous les livres d'histoire.

odette-c3a0-brive-1942L'enfance est heureuse à Paris pour Odette, jusqu'à ce que les noirceurs de la guerre commencent à se profiler. Nous sommes en mai 1940. Odette et ses parents, conscients du danger, décident de quitter la capitale, direction la Dordogne à la limite de la Corrèze où la famille loue une demeure, avant d'arriver à Brive et de s'installer dans un appartement de l'hyper-centre.

Odette intègre le lycée et entre dans un groupe d'éclaireurs israélite composé de nombreux jeunes réfugiés, comme elle. La vie continue. Jusqu'à ce que les évolutions du conflit, et notamment le débarquement allié en Afrique du nord, décident les Allemands à franchir la ligne de démarcation pour occuper le sud de la France. Brive est bien sur concernée. Recensés comme juifs, ne possédant pas de fausses cartes d'identité, Odette et ses parents quittent la cité gaillarde pour se réfugier à Larche, un bourg, plus petit, plus discret pensent-ils.

C'est là pourtant qu'ils seront arrêtés le 31 mars 1944. Les Allemands et les hommes de Vichy ont lancé une grande opération contre les maquis de Dordogne. Les juifs sont raflés en même temps. Le père d'Odette est fusillé. Elle et sa mère sont envoyées à Drancy avant de partir pour le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau où la mère décèdera peu de temps après son arrivée.

Odette, elle, survit. Elle fera plusieurs camps avant que l'avance des alliés oblige les Nazis à évacuer les camps. C'est au cours d'un de ces transferts que la jeune femme s'évadera en sautant du train. Elle sera recueillie par une Allemande, anti-nazi, qui la cachera jusqu'à la fin de la guerre.

Des années d'angoisse et d'horreur que cette survivante ne veut pas taire. O. SpingarnElle a écrit son histoire dans un livre: "J'ai sauté du train" publié en 2012 aux éditions le Manuscrit, et elle témoigne sans problème et régulièrement dès qu'elle est sollicitée, et notamment dans les écoles. "C'est un devoir de mémoire, une obligation morale, pas pour moi" dit-elle, "mais pour tous ceux qui n'ont pas eu la chance de rentrer".

Témoignage rencontre avec Odette Spingarn. Jeudi 22 mai. 20h30. Salle de conférences du musée Labenche. Entrée libre et gratuite.

Une rencontre qui fait écho à l'exposition sur "Les juifs de Corrèze dans la Shoah" au musée Michelet jusqu'au 31 mai.