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"L'aéroport entre dans une deuxième phase de développement"

  • Publié le 16/01/2015 à 10:37
  • Par Marie Christine MALSOUTE
intro aeroport

En entrant dans sa 6e année d'existence, l'aéroport Brive Vallée de la Dordogne bascule dans le long terme. Un nouveau cycle que le président et le directeur veulent marquer "d'un développement mesuré", "loin de la recherche d'un trafic à tout va", mais en mettant "avant tout en place des liaisons stables".



 

discours 1Plus de 71 000 passagers commerciaux ont transité l'an dernier sur l’aéroport, soit +11% par rapport à 2013. "2014 aura clos un cycle", a affirmé hier soir le directeur Dany Blanchet lors de la cérémonie de voeux dans le hall de l'aéroport. "Elle aura vu l'émergence d'une ligne forte, majeure pour la venue des touristes sur les trois territoires: Stansted-Brive avec la compagnie Ryanair", a-t-il rappelé avant de souligner la fragilité d'un tel acquis. Les expériences précédentes avec les liaisons avec Manchester ou Maastricht en sont la preuve. "Nous avons vu combien les compagnies pouvaient remettre en cause ces liaisons après une seule saison, et ce, sans lien avec le résultat du trafic lui-même." La concurrence est rude et les compagnies low cost ont revenu leur positionnement.

Il en est heureusement autrement avec la ligne Stansted. "Cette liaison représente un pas important pour le développement du trafic par le potentiel qu’elle recèle." De fait, 15 900 passagers auront transité sur l'aéroport pour seulement 2 fréquences hebdomadaires par semaine. Le trafic a répondu aux attentes de la compagnie qui a relancé la ligne dans les mêmes conditions pour 2015. Pour le directeur, cette réussite tient aussi au fruit de la coopération entre tous les acteurs de la plateforme", offices et agences de tourisme réunis. Un travail en commun qui a permis le maintien des liaisons avec London city ou Amsterdam avec Cityjet, Ajaccio avec Hop! (66% de remplissage) ou encore la place de la liaison saisonnière avec Porto très attendue (1 100 passagers) et qui est reconduite cet été (voir notre article en cliquant ici).

ligne portoLe sourire est également de mise pour ligne Brive Orly, en OSP (Obligation de service public) qui a augmenté de 7,3% avec 41 900 passagers. "Pour une ligne mature, cette progression est un très bon signe." Elle laisse en effet envisager une évolution de capacité de l’appareil qui pourrait à terme passer de 46 à 70 sièges. "Cette augmentation permettrait avec un remplissage à 70% d’atteindre l’équilibre de la ligne." Autre sujet de satisfaction: les départs vacances affrétés par les agences de voyages: "Après 2 départs en 2011 puis 3 en 2012, 4 en 2013, ils étaient 7 en 2014 vers des destinations variées telles l’Andalousie, Madère, Rome, l’Irlande." Pour 2015, 15 départs sont déjà programmés vers Ajaccio, l’Italie, le Portugal, Malte, l’Autriche, les Canaries, la Hongrie, la République tchèque

Le tableau ne serait pas complet sans évoquer les 11 000 mouvements d’appareils de tout modules (avions d’affaires, d'aéroclubs, d'écoles de pilotage... ) qui fréquentent la plateforme chaque année. L'aéroport devrait également accueillir, à la fin du 1er trimestre 2015, une activité de maintenance d'avions légers avec la société Air Charly delta qui va s'implanter dans le nouveau hangar en construction.

discours monsieur nestiIl sera revenu au président Jean-Louis Nesti d'aborder les sujets d'inquiétude qui pèsent sur les aéroports de cette taille. En particulier, les dispositions européennes qui restreignent les accompagnements financiers des collectivités. "Sans cette participation, nous ne pourrons pas maintenir la dimension internationale." Le président souhaite donc que la DGAC (Direction générale de l'aviation civile) autorise la reconnaissance du caractère "d’intérêt économique général" pour l'aéroport", une notion européenne qui s’apparente à celle de notre service public.

La plateforme qui vient juste de surmonter l’épreuve de la certification française, elle a même été l'une des premières dans sa catégorie de trafic, se voit imposer la mise en place d'une certification européenne à compter de 2017. L'aéroport est suffisamment récent pour ne pas avoir, comme d'autres aéroports, à investir parfois plusieurs millions d’euros en mise aux normes. Il n'en devra pas moins se dimensionner en ressources humaines afin d’absorber les fonctions nouvelles de contrôle, de management et de formation. "Cette évolution représente un renchérissement des coûts rendant d’autant plus impératif l’appui financier des collectivités." Ceci dans un contexte où l'Etat se désengage de certains équipements d’aides à la navigation, comme la maintenance et le renouvellement des ILS (aides à l’atterrissage) qui seront alors à la charge des gestionnaires. "Il est indispensable que la France réclame un moratoire à l’application des règlements européens pour nos aéroports locaux, et ce, au-delà de l’année 2017", estime Jean-Louis Nesti.

Le président ne cache pas moins des sources de satisfaction avec la confirmation de l’arrivée d’un 4e contrôleur à la tour, dès le printemps prochain, ainsi que l’inscription d’un 5e à l’effectif pour fin 2015. "Cette décision démontre que notre aéroport est considéré comme aéroport international selon les critères de la DGAC." Quant à l'avenir, afin de négocier au mieux cette entrée dans le long terme, le conseil d'administration va confier à des cabinets spécialisés deux études, l'une pour rechercher les moyens qui permettront à l’aéroport de se développer (quelles destinations prioritaires, avec quel type de trafic, quelles compagnies, quelles activités autres que le transport...), l'autre afin de déterminer le type de gouvernance la plus adaptée pour permettre ce développement. "Ces études doivent nous aider à adapter le développement de l’aéroport aux besoins des territoires, comme nous l'avons fait jusqu’à présent, dans le respect du techniquement réalisable, et de l’économiquement supportable", a conclu le président.