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Le principe de réalité s'impose à la majorité

  • Publié le 12/03/2015 à 11:02
  • Par Jennifer BRESSAN
intro facade mairie

Le débat d'orientation budgétaire, hier soir, a été l'occasion pour la majorité de présenter la feuille de route de son mandat qui suit les préconisations de l'audit, rendu public lors du précédent conseil municipal (à lire ici). Elle prévoit une baisse des investissements et des dépenses publiques, la stabilisation de la dette et cela, sans augmentation d'impôts.

"Une période où tout nous arrive de front", c'est la situation décrite hier par le maire de Brive Frédéric Soulier, qui faisait par là allusion à la baisse des dotations de l'Etat "qui, d'ici 2017 privera la collectivité de 5 millions d'euros" et à la "situation financière très dégradée de la Ville".

Ne pas refaire "les erreurs du passé", telle est la volonté de la majorité. Une épargne nette négative, le doublement de la dette, passée de 42 millions en 2008 à 89 millions aujourd'hui, et des investissements qu'il aurait fallu ramener à 13 millions et qui ont pourtant atteint une moyenne de 24 millions d'euros par an sur la période... "Vous avez fait en un mandat ce que vous auriez dû faire en deux", a déclaré Frédéric Soulier.

Mais c'est pourtant d'une "dette saine d'investissement" qu'a parlé l'ancien maire Philippe Nauche, prolongé par Patricia Broussolle: "Nous avons fait ce qui n'avait pas été fait. Il faut voir ce qu'il y a en face des chiffres: une attractivité accrue de la ville, un patrimoine enrichi. Ces investissements étaient nécessaires. Personne d'ailleurs ne contestait à l'époque leur bien-fondé", a-t-elle terminé en pointant la notion clé de ville centre: "un devoir à assumer qui a un coût", selon les mots de Philippe Nauche.

"Le rôle de ville centre n'est pas le même dans le cadre d'une Agglo à 16  communes et 49", a relevé Frédéric Soulier, revenant sur le "défaut de pilotage avec excès de vitesse en surrégime" de l'ancienne mandature. "Aujourd'hui le principe de réalité s'impose à nous. Ce qui a été sur-investi nous manque, d'où l'incontournable rigueur budgétaire qui nous promet 5 années très pénibles mais nécessaires."

"Brive, laissée au sommet d'une dérive incontrôlée, sur une crête étroite et verglacée doit pourtant courir plus vite pour échapper à l'œdème fatal, la mise sous tutelle et la hausse d'impôts", a illustré Christophe Patier, premier adjoint en charge des finances. "Le défi est de gagner cette course contre l'asphyxie sans plonger dans le toboggan de la mort".

Pour éviter la funeste glissade, la majorité a donc décidé de suivre les préconisations "très encadrées" de l'audit. Pas d'augmentation d'impôt mais une baisse de la dépense publique et des investissements avec une stabilisation de la dette à 106 millions d'euro en 2020: tels sont les axes forts du scénario choisi. "Nous avons fait le choix de faire les économies de fonctionnement les plus fortes maintenant": 3% cette année et l'an prochain pour revenir à un rythme plus supportable de 1,5% par an ensuite.

En ce qui concerne les investissements à venir, "plombés par le centre nautique", ils pèseront encore 20 millions cette année mais seront réduits de moitié, à 10 millions d'euros, en 2016 et 2017: "C'est vital pour retrouver des marges de manœuvre".  Ils se retrouveront les années suivantes, jusqu'à 2020, dans la moyenne des 13 millions tel que l'a préconisé l'audit.

Si, sur les investissements, Philippe Nauche semble avoir rejoint les propositions de la majorité, les avis sont restés divergents sur les orientations choisies pour baisser les dépenses de fonctionnement: "Leur réduction conduira inévitablement à la restriction des services publics locaux", a déclaré Alain Vacher, prévenant que si la majorité persistait à "se résigner et accepter les contraintes des orientations budgétaires, (il) ne voterait pas le budget."

"Il n'y a pas d'autre chemin que celui que nous allons prendre", a rétorqué le maire qui a tenu à saluer le fait que, déjà, les efforts commençaient à porter leurs fruits: "Une économie de 1,8 million a pu être faite sur les dépenses publiques grâce à la mobilisation du personnel mais qui, contrecarrée par "la non-maîtrise passée des charges du personnel" s'équilibre finalement à 570.000 euros.

Un début, mais d'ici la fin du mandat, ce sont 5 millions d’euros d'économie qu'il s'agira de trouver : "Une nouvelle architecture économique est à réaliser. C'est un exercice nouveau pour tout le monde, les agents comme les élus: une nouvelle façon d'aborder les dépenses publiques. C'est peut-être aussi là une des vertus de la crise".