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André Heyboer en concert sur le pouce jeudi 9 avril

  • Publié le 03/04/2015 à 10:05
  • Par Marie Christine MALSOUTE
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Il a incarné Macbeth comme Rigoletto. Il sera bientôt Athanael dans Thaïs. Ces premiers ou seconds rôles amènent André Heyboer à se produire sur les plus grandes scènes. Avant de s'envoler cet été pour Sao Paulo, ce baryton d'origine briviste renoue avec ses racines et reprend sa complicité avec la pianiste Francine Meyer pour un concert sur le pouce quelque peu exceptionnel, jeudi 9 avril, de 12h30 à 13h15, en salle d'honneur de la mairie. Du Bel canto.



 

André Heyboer Rugierro dans La Juive, De Bretigny dans Manon, Melot dans Tristan et Yseult, Enrico dans Lucia di Lammermoor, le Père dans La Métamorphose, Valentin dans Faust, Sonora dans La Fanciulla del west, Zurga dans Les Pécheurs de perles... Et bien d'autres. Des rôles qu'il a tenu à Monte-Carlo, Vienne, Toulouse, Munich, Paris, Lille, Versailles... Même à Amsterdam, sur la terre de ses ancêtres hollandais. La route d'André Heyboer est semée d'opéras sous la direction de chefs de renom. Si le voilà revenu à ses origines, l'ancien tenor devenu baryton est loin d'être un petit poucet. La carrure en impose, portant une quarantaine altière.

"J'ai toujours chantonné", se rappelle le Mansacois. "Mon père écoutait de la musique classique et, tout gamin, j'imitais les airs que j'entendais. C'était presque un appel." De sa voix très cristalline, il commence tout naturellement par le registre liturgique. Dès 11 ans. "Un Ave Maria. Ça a été le déclic." Il poursuit tout aussi naturellement avec l'Ensemble vocal de Terrasson et la Camerata vocale de Brive. "J'ai mué assez tard."

Aux côtés de ces professionnels exigeants qui ont déjà remarqué son potentiel, l'adolescent se familiarise avec les répertoires renaissance, baroque français, italien, allemand. Fait ses premières armes aux Festival de la Vézère, La Chaise Dieu, l’Abbaye de Sylvanes. Devient lauréat des Jeunesses musicales de France. Il en est alors convaincu, sa voie est tracée: ce sera celle de sa voix. Ce qui ne l'empêche par d'étudier parallèlement la guitare classique huit années durant au sein du conservatoire de Brive.

heyboer Soutenu par le mécénat local et privé, le jeune André trace son chemin, et passe du chant choral aux rôles de soliste. C'est au Capitole de Toulouse, dans la ville rose, temple français du lyrique, qu'il connaît sa première expérience scénique de l’opéra en tant que soliste dans Louise de Charpentier. "Mon parcours n'est pas rectiligne, j'ai d'abord été ténor pendant 10 ans." Il alterne les seconds et premiers plans en chantant aux côtés d’interprètes confirmés.

L'expérience aidant, il affine ses choix de répertoire, s'attache un coach vocal, poursuit sa quête. "Mon regard est surtout orienté vers la qualité du geste, physique comme vocal. Il n'y a rien d'acquis. Le chant est une école de l'humilité." L’opéra Bastille lui ouvre d'autres rôles, de nouveaux potentiels. "Chaque fois, c'est une découverte, une progression, un renouvellement, un partage", vibre ce lyrique passionné. Quasi impossible pour lui de choisir dans cette diversité son interprétation préférée. "Peut-être alors Les Pêcheurs de perles en 2012, parce que le metteur en scène japonais avait choisi un cadre très zen, très épuré." Toujours cette recherche de l'essentiel. 

francine meyerEn mai, André Heyboer sera Paolo Albani dans Simon Boccanegra à Toulon avant de s'envoler cet été à Sao Paula pour incarner Thaïs. Sur son site, il a choisi d'afficher cette citation de Rabindranath Tagore: "Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne…"

Mais, avant de traverser l'océan, le baryton donnera de la voix à Brive, avec une de ses anciennes complices. "J'ai toujours aimé accompagner les chanteurs", avoue Francine Meyer, professeur au conservatoire de Brive. Entre ces deux-la, le courant passe. "On reprend le fil, comme s'il n'avait jamais été interrompu", explique André Heyboer. Au programme: une dizaine de mélodies italiennes, de Carissimi à Tosti, dont deux extraits d'opéra, La Favorite de Donizetti et Ernani de Verdi. Du Bel canto. "Beaucoup de gens m'ont soutenu ici. Ce concert c'est aussi une façon de leur dire merci."

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Concert sur le pouceBel canto de Carissimi à Tosti, jeudi 9 avril, de 12h30 à 13h15 à Brive, salle d’honneur de l’hôtel de ville. Entrée libre et gratuite. Ces concerts sont proposés par la Ville de Brive avec l’Ensemble instrumental de Brive dans le cadre de la Politique des temps. Ils offrent ainsi une pause musicale décontractée lors de la pause déjeuner, vous pouvez même apporter votre sandwich. Prochain concert sur le pouce jeudi 23 avril Du vent dans les roseaux, un trio hautbois, basson, clarinette.