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Les métamorphoses de Maï Ishiwata pour Danse en Mai

  • Publié le 20/05/2015 à 08:41
  • Par Jennifer BRESSAN
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Hasard de la programmation, la danseuse Maï Ishiwata, recouverte de craie blanche hier soir lors du spectacle d'ouverture de Danse en Mai, Utt de Carlotta Ikeda, revient sur scène ce soir, cette fois peinte en vert et dans un tout autre registre, avec Vie de famille de la compagnie limougeaude Traction.

utt6Elle s'appelle Maï et elle est programmée à deux reprises à Danse en Mai. Un bon signe ? En tout cas une drôle de coïncidence qui la fait sourire. Un amusement plein de naturel et de douceur qui contraste avec ce que la danseuse vient de donner à voir d'elle-même à l'instant, portant à bout d'âme et de corps le solo emblématique que Carlotta Ikeda, figure majeure du butô, lui a elle-même transmis l'an dernier.

Décédée au cours de cette transmission, Carlotta Ikeda n'aura pas pu voir son aboutissement qui reste à perfectionner, à incarner plus encore, selon la danseuse qui offrait hier à Brive la première date de sa tournée qui commence. "On a eu le temps de poser les bases avec elle mais pas de travailler l'interprétation, l'ajustement du solo sur une autre personne qu'elle même". N'empêche, déjà, il ébranle et désarçonne, il suscite un intérêt à mi-chemin entre l'interrogation et l'émerveillement.

utt1Succession de métamorphoses, convoquant tour à tour un "fantôme sorti du néant", un "personnage sacré accouchant d'une petite fille lunaire", un fauve monstrueux "mais à la dignité de sphinx", ce solo raconte "le cycle de la vie, depuis la naissance jusqu'à la mort, elle-même annonciatrice de renaissance". Et tout cela, sans jamais oublier "cette féminité toujours là, latente", ajoute Maï Ishiwata. Difficile de saisir toutes les références. Inutile même: "Les Japonais pensent avec le ventre. Il ne faut pas réfléchir, juste regarder et sentir."

Dans un autre registre, le spectateur pourrait aussi se sentir désarçonné devant le projet de Claire Durand-Drouhin dans lequel Maï Ishiwata danse  également, cette fois-ci couverte de vert. Mêler sur scène des danseurs professionnels et des patients de l'hôpital psychiatrique Esquirol de Limoges, tel est le cœur de Vie de famille. Voilà 10 ans que la chorégraphe va à la rencontre de patients,  mais le point de vue psychiatrique n'est pas celui qu'elle veut retenir. Ce qui l'intéresse, c'est l'humain. "Leur présence dans mon travail n’évoque pas la folie mais plutôt un désir de différence." Aussi, plus que la folie, c'est la vie qui est explorée, par l'entremise de personnes singulières.

Vie de famille, compagnie Traction, chorégraphie de Claire Durand-Drouhin. Ce soir, mercredi 20 mai, à 20h30  dans la grande salle du théâtre. A noter qu'en première partie, à 20h, la compagnie amateur Décale présentera sa création Décompensation (nous vous en avons parlé ici), qui découle elle aussi d'une rencontre avec des autistes et qui célèbre elle aussi la vie.

Toute la programmation de Danse en Mai qui se poursuit jusqu'au 30 mai sur le site des Treize arches.

Sur l'édition en cours de Danse en Mai, vous pouvez aussi retrouver nos précédents articles:

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