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Hôpital-Saint Germain: un rapprochement dans l’intérêt général, pour le député maire Philippe Nauche

  • Publié le 18/08/2009 à 13:43
  • Par Michel DUBREUIL
L'hôpital à l'heure du rapprochementPhilippe Nauche, député-maire de Brive, a évoqué le rapprochement entre la clinique Saint-Germain et l'hôpital de Brive. Il a également annoncé qu'il avait retiré toute délégation à l'adjoint Jean-Claude Chauvignat à la suite de la prise de position de celui-ci dans ce dossier.

"Qu'est ce qui est dans l'intérêt des malades, de notre territoire, de l'intérêt général, de l'hôpital public et de son personnel ? " Afin de répondre à cette question et à une "forme de désinformation", Philippe Nauche a pris la parole dans ce dossier sensible.

Dans un communiqué, le député-maire rappelle tout d'abord que les premiers contacts entre l'hôpital de Brive et la clinique Saint-Germain avaient vu le jour en 2006-2007. Le docteur Claude Rosenthal, p-dg de la clinique, le docteur Bernard Leduc, responsable de la cancérologie à l'hôpital, et Philippe Nauche, président à l'époque de la Commission médicale d'établissement de l'hôpital, avaient lancé l'idée du rapprochement, basée sur une meilleure prise en charge des patients en cancérologie dans le cadre du Centre de coordination en cancérologie (3 C), et sur le développement d'une maternité de catégorie supérieure qui aurait pu ouvrir en réunissant les 900 accouchements réalisés dans chaque établissement. "C'est à partir de là que s'est organisée la réflexion qui a abouti à un projet de rapprochement plus global et donc bien avant la loi Bachelot."

St-Germain: un projet qui date de 3 ansUn projet qui relève "du bon sens et du pragmatisme au service des malades", précise Philippe Nauche qui recense les réalités de ce dossier: un rapprochement physique permettant une co-utilisation et une optimisation de certaines fonctions (stérilisation, blocs opératoires...), un Groupement de coopération sanitaire, obligatoirement à but non lucratif, garantissant le respect des statuts de chacun, le maintien de services hospitaliers menacés par des seuils d'activité (comme l'urologie cancérologique), etc. 

"Nous avons la chance d'avoir à Brive trois établissements aux compétences reconnues, avec chacun ses propres leaders comme par exemple la chirurgie vasculaire  et la cardiologie interventionnelle à l'hôpital. Les normes évoluent en permanence, chacun doit se poser la question de sa propre capacité à préparer l'avenir. C'est dans ce cadre là que Saint-Germain a cherché un rapprochement avec un autre établissement public ou privé."

Pour le député-maire, il ne s'agit en rien d'une "fusion" et cette opération n'est pas non plus "liée à la loi Bachelot, mortifère pour l'hôpital public". L'ancien responsable des services médicaux d'urgences de la Corrèze critique vigoureusement cette réforme qui porte en elle "le démantèlement  du service public, laissant au privé lucratif les missions rentables et au public ce qui l'est moins", avec à terme, le risque de voir "disparaître l'activité publique chirurgicale" et de rendre l'accès aux soins encore plus difficile.

Pour Philippe Nauche, "l'intérêt des patients est dans ce rapprochement physique, en particulier pour ce qui touche à la naissance et au cancer. L'intérêt de notre territoire, c'est d'avoir un pôle de santé fort sur le site de l'hôpital, car c'est aussi un facteur d'attractivité pour notre ville".  

Une mission de service publicA contrario, si ce projet ne se réalise pas, "l'hôpital public ne sera pas protégé contre la loi Bachelot, les patients ne seront pas mieux pris en charge, une maternité de niveau supérieur ne se fera pas, certaines activités chirurgicales publiques seront menacées dans leur existence même, les problèmes de dépassements d'honoraires ne seront pas réglés, le site chirurgical le plus actif en cancérologie féminine n'aura pas de proximité immédiate avec le 3 C, un rapprochement privé/privé se fera probablement, et on sait ce que cela signifie généralement en terme d'emplois".

En ce qui concerne la récente prise de position dans la presse de l'adjoint Jean-Claude Chauvignat, alors chargé de la voirie, favorable à un référendum sur ce sujet, le député maire est très clair. "Ce qui a posé problème par rapport à Jean-Claude Chauvignat, c'est qu'après avoir approuvé la démarche en conseil d'administration de l'hôpital, en réunion de majorité municipale, j'apprenne par la presse sa nouvelle position, respectable en soi, sauf sur la méthode. La proposition de référendum est une tromperie car si les collectivités ont la possibilité d'organiser des référendums locaux pour ce qui relève de leurs compétences, ce n'est pas le cas de l'organisation hospitalière. Cette proposition relève pour moi d'un simulacre qui s'apparente à des fausses promesses de la part de gens qui savent pertinemment que cela ne change rien.  C'est donc pour moi, sur la méthode, nécessaire lorsque l'on donne une délégation d'adjoint au maire à quelqu'un. J'ai donc retiré toute délégation à Jean-Claude Chauvignat après l'avoir rencontré."