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Au Théâtre ce soir : « Berg et Beck »

  • Publié le 19/02/2009 à 15:00
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Pendant la dernière répétition"Berg et Beck", la pièce qui sera jouée ce soir, jeudi 19 février, à 20h30, au Théâtre de la Grange à Rivet, revisite le roman de Robert Bober. Une histoire autobiographique sur fond de non-retour des camps, de mémoire à sauvegarder et surtout une belle histoire d'amitié entre deux gamins juifs.

Le sujet est lourd sans pour autant tomber dans le "pathos", grâce à la mise en scène de Richard Violante, accompagné par l'accordéon de Marie Ferrandon. Rencontre cet après-midi pendant la dernière répétition.

A l'accordéon, Marie Ferrandon enchaîne des reprises de chansons d'un Paris gouailleur, puis un Tango et des airs qu'elle même a composé et qui rythment la pièce. Richard Violante y raconte le Vel d'Hiv, les courses cyclistes, la rue de la Butte aux cailles, l'épicier du coin, le copain Beck et les petites choses du quotidien...

La pièce est adaptée du roman de Robert Bober. L'auteur toujours vivant a reçu le prix du livre Inter pour son premier roman "Quoi de neuf sur la guerre". "Berg et Beck" est son deuxième roman autobiographique, paru à la fin des années 90. Sur scène, j'en reprends des extraits."

L'histoire : Berg et Beck sont deux gamins de onze ans, ils habitent la même rue, vont dans la même école et rêvent tous les deux d'être des champions cyclistes. Seulement, l'histoire de Beck s'arrête en 1942, avec la rafle du Vel d'Hiv, "là-même où il admirait avec son copain Berg les coureurs", situe le metteur en scène. Toute sa famille est déportée et disparaît."

Marie Ferrandon à l'accordéonBerg, lui s'est caché et dix ans plus tard, devenu éducateur, il encadre des enfants de déportés qui ont le même âge que son copain mort, des gamins qu'il aide à se reconstruire.

"Je joue Berg", explique Richard Violante. "Pour ne pas oublier le disparu après la rafle, Joseph Berg lui écrit de belles lettres: il s'acharne à le croire vivant afin qu'il ne meure pas en lui." Des lettres qui, bien sûr, ne sont pas faîtes pour être lues, mais pour « garder intacts nos onze ans puisque c’est l’âge que tu as gardé. »

Alors, l'inconsolable Berg donne à son copain Beck des nouvelles du monde. "Il lui raconte le quotidien, l'ambiance de l'époque, les changements dans le voisinage, les différentes arrivées du Tour de France, l'arrivée du jazz... C'est une correspondance avec un mort." Et c’est dans ce lien que Berg retraverse toutes ces années qui l’ont séparé de Beck. "C'est une histoire basée sur la tendresse des sentiments ancrés dans les détails du quotidien."

Et l'on comprend alors mieux la phrase énigmatique reprise sur l'affiche de la pièce: "Ce n'est pas parce que tu ne répondras pas que l'histoire va devoir se passer de toi".

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"Berg et Beck", 20h30, Théâtre de la Grange à Rivet. Entrée: 8, 5 et 3 euros. Infos: 05.55.86.97.99. Par le Théâtre du Passage. Avec Richard Violante, accompagné par l'accordéon de Marie Ferrandon.