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PDU : « Il ne s’agit pas d’éradiquer la voiture du centre-ville »

  • Publié le 15/09/2009 à 10:06
  • Par Olivier SOULIÉ
La tribune"Si on voulait suicider le centre-ville, on ne s'y prendrait pas autrement ! Vous voulez fermer tous les axes ! Si les gens ne peuvent pas accéder, ils iront ailleurs qu'en centre-ville ! On peut baisser les rideaux !" Alain Maigne, président de l'association de commerçants "Mille et une vitrines cœur de Brive" est furieux.

Hier soir, les trois scénarios possibles du Plan de déplacements urbains (PDU) étaient expliqués aux professionnels et aux associations à la CCI. Il aura fallu, pour les élus de la Communauté d'agglomération de Brive (CAB), faire preuve de beaucoup de calme et de pédagogie afin que l'assistance comprenne enfin qu'il ne s'agit "en aucun cas d'éradiquer la voiture du centre-ville". Quelque 150 personnes, des professionnels du commerce et des transports pour la plupart, plus quelques membres d'associations, avaient fait le déplacement hier soir à la CCI pour évoquer le PDU. Après quelques propos des invités et une présentation complète des trois scénarios envisagés, plus ou moins ambitieux, les premières réactions furent vives. Pour faire court, les commerçants craignent de voir leurs boutiques fermer si les voitures n'accèdent pas au centre-ville. "Nous ne sommes pas des ayatollahs anti-voitures", expliquera calmement Jean-Claude Farges, vice-président de la CAB en charge des transports. "L'idée est d'avoir une rotation plus importante des voitures, ce qui favorisera évidemment le commerce puisque ceux qui souhaitent consommer pourront accéder plus facilement au centre-ville et pourront s'y garer."

L'élu expliquera également au public que "dans nombre de villes où des projets similaires ont été mis en place, il y a d'abord eu un fort rejet des commerçants puis, dans un deuxième temps, ils ont totalement adhéré", citant les exemples de Tarbes, Montauban, Pau ou Clermont-Ferrand.

Philippe Nauche a lui aussi réagi aux propos de début de débat : "Lorsque des personnes arrivent actuellement en centre-ville, que se passe-t-il ? Elles cherchent une place de parking en surface pendant 15 minutes, et elles n'en trouvent pas. Au mieux, elles finissent par aller au souterrain de la Guierle, au pire, elles filent faire leurs achats en périphérie. Croyez-moi, si on ne fait rien, ça n'ira pas mieux demain".

Le but poursuivi par le PDU est, en ce qui concerne le centre-ville de Brive, objet de toutes les attentions hier soir, "d'avoir des transports en commun pratiques qui prennent la place des 4.700 voitures qui, tous les jours aux heures de pointe, ne font que passer en centre-ville, sur la première ceinture, sans jamais s'arrêter", a expliqué Philippe Nauche. Un souhait soutenu par Jean-Pierre Nadin qui, posant sa casquette d'élu municipal pour revêtir celle d'ancien commerçant, a indiqué avoir vu, 25 ans durant, "des véhicules emprunter la rue Carnot comme un raccourci, sans s'arrêter. Il vaut mieux plus de rotation, avec des voitures qui s'arrêtent pour consommer".



Dans un esprit de "partage de l'espace" entre voitures, transports en commun, vélos et piétons, ce PDU devrait permettre, à terme, d'avoir un centre-ville plus attractif, avec une utilisation accrue des parking souterrains, l'apparition de stationnements "minute" gratuits en surface favorisant la rotation des véhicules, une priorisation voire des voies réservées pour les transports en commun, l'apparition d'un réseau piétonnier et cyclable sécurisé entre les établissements scolaires de la ville, et d'autres initiatives encore pour mieux vivre ensemble. Le scénario retenu, qui pourrait être constitué d'éléments pris dans chacune des hypothèses, sera dévoilé en octobre, après de nouvelles concertations, à commencer par celle prévue jeudi à 19h à la CCI à destination des habitants.

Comme l'a expliqué Patricia Broussolle, premier vice-président de la CAB, lors de la conclusion d'une soirée de concertation qui s'est, contre toute attente, conclue par des applaudissements, "il faut donner le goût à chacun de se déplacer autrement, en y prenant du plaisir". Elle appellera à "bâtir un projet qui en vaille la peine, tous ensemble". Un message qui a, au final, été entendu par la plupart des gens présents hier soir. Comme quoi, même lorsque quelques tensions se font jour dès les prémices d'un débat, la discussion est toujours possible et peut même se faire constructive. Comme le dit l'adage, après la pluie vient le beau temps...

Pour en savoir plus sur le Plan de déplacements urbains, pour découvrir les trois scénarios retenus et pour s’exprimer sur le sujet, un site internet a été créé : www.brivecestlebonplan.fr.