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Serge Uzan : « Les hôpitaux doivent restaurer le lien avec l’université »

  • Publié le 09/10/2009 à 16:45
  • Par Olivier SOULIÉ

Le professeur de enseignant Serge Uzan, spécialiste du cancer du sein



C'est presque avec un bâton de pèlerin que le professeur Serge Uzan, doyen de la faculté de médecine Pierre et Curie Marie et chef du service gynécologie obstétrique à l'hôpital Tenon (Paris), va de ville en ville. Son crédo depuis de nombreuses années : que l'ensemble des hôpitaux publics du territoire français soient liés à une université régionale afin que "le triptyque soins, enseignement et recherche soit une réalité dans chaque établissement".

Le souhait de ce spécialiste du cancer du sein vise à tirer étudiants et soignants vers le haut. "Ici, à Brive, il n'y a pas d'externes", regrette Serge Uzan. "Quand un étudiant vous observe dans votre fonction de médecin, il n'hésite pas à vous dire que, lors de tel ou tel soin, vous n'avez pas agi de la manière dont vous lui avez pourtant enseigné l'acte effectué. C'est un échange intéressant pour tout le monde."

Serge UzanSelon le professeur, "chaque hôpital doit restaurer le lien avec l'université, afin que le soin participe à la recherche clinique, et que le tout, soins plus recherche, soit enseigné". Répondant à un propos du président du conseil d'administration Frédéric Filippi, présent lors d'une conférence de presse qui se tenait à l'hôpital cet après-midi, Serge Uzan a insisté sur l'importance de la formation permanente des médecins: "Lorsque j'étais étudiant, il n'y avait pas, par exemple, de fécondation in vitro. J'ai appris ça par la suite, en tant que professionnel. Pour le cancer du sein, à mes débuts, une femme sur deux en mourrait. Désormais, le chiffre est tombé à 15%. Face à de telles évolutions, la formation permanente est donc vraiment indispensable".

Concernant le cancer du sein, "maladie désormais généralement curable", Serge Uzan compte "sur le développement de métiers nouveaux, par exemple celui d'infirmière d'annonce". Il y en a une à Brive. Son rôle est d'annoncer une éventuelle mauvaise nouvelle à un patient puis de l'accompagner en répondant à ces questions. "Ainsi, le médecin ne représente plus, pour le patient, la maladie mais devient celui qui va la guérir." Outre les cancérologues, les généralistes ont un rôle à jouer face au cancer: "Ils doivent prévenir, accompagner et participer aux soins", explique Serge Uzan.

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"D'où l'importance pour les étudiants en médecine, dont 50% seront généralistes, d'avoir pu observer la maladie dans ce qu'elle a de concret dans un service de cancérologie. Lier l'ensemble des hôpitaux avec l'université donneraient plus d'opportunités aux futurs médecins de découvrir ces réalités là."

Ce soir, Serge Uzan animera une conférence post-universitaire à l'hôpital de Brive. Réservé aux étudiants en médecine et aux professionnels, cet échange sera l'occasion pour le professeur de faire passer ses messages et d'échanger avec des confrères actuels ou futurs.

Conférence de presse tout à l'heure à l'hôpital de Brive. De gauche à droite, Francis Colasson, chefr du service gynécologie obstétrique du centre hospitalier, Serge Uzan, et Frédéric Filippi, président du conseil d'administration