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Rugby. Après la grippe, la rage et Brive domine Toulouse

  • Publié le 06/12/2009 à 18:13
  • Par Jean René LAVERGNE
27-21,  une victoire de référence face à Toulouse pour cette équipe de Brive grippée en début de semaine, mais complètement retrouvée cette après-midi. Les Toulousains ont broyé du noir comme jamais, et paradoxe, ce sont les Brivistes qui verraient presque la vie en rose...La pelouse envahie par des centaines de supporters dès le coup de sifflet, un stadium en noir et blanc. Il faut dire que cette victoire a un goût à part, tant elle était inespérée en raison d'une conjoncture compliquée faite d'incertitudes, de doutes. Arnaud Mela, complètement rincé par ce match d'une rare intensité, tarde à regagner le vestiaire, il signe à tour de bras les autographes, pose pour des séances clic-clac. On lui tape sur les épaules, des caresses en comparaison aux tampons et aux caramels imposés par les Toulousains. Arnaud est heureux, il s'est sacrifié, il a pesé de tout son poids dans ce match à haute tension. Il ne veut pas rejoindre "le paddock". Le géant est souriant. Les sollicitations, la rançon du succès pour le solide gaillard: "On s'est fait promener toute la semaine par la ligue, les gens ont compris que l'on avait besoin d'eux. On a tout donné, nous avons été généreux, nous avons fait un pas vers le maintien". On pourrait dire un grand pas même. Alors Arnaud prend son temps, il savoure ces instants de proximité avec ce public versatile mais connaisseur.

Cet après-midi, d'emblée on a bien vu que ces Brivistes avaient les crocs et après la grippe, la rage... de vaincre semblait contagieuse. La machine toulousaine est apparue grippée. A peine croyable, mais vrai: en six minutes de jeu, Nicolas Jeanjean plante deux essais. L'un sur une offrande d'Alexix Palisson et le second est le fruit d'une interception sur une passe hasardeuse de David Skréla. La main heureuse de l'ancien toulousain fait chavirer le stadium.

La grande poussée de fièvre viendra plus tard. Les Toulousains sont pris dans tous les compartiments de jeu, transparents, inexistants. La mêlée rouge régulièrement châtiée, et derrière, c'est du caviar pour Fabrice Estébanez qui balance coup sur coup deux drops. Brive est devant et largement, à la mi-temps (18-6), Skréla a réussi deux pénalités.

Incroyable, les Toulousains qui veulent conquérir l'Europe sont en train de sombrer corps et âmes. On se dit alors que la réaction pourrait être cinglante, coupante. Dès les premières secondes de l'acte 2, Toulouse retrouve des couleurs. Fred Michalak est rentré à l'ouverture à la place de David Skréla et là tout change et tout bascule. Un coup de pied de Michalak à la réception Cédric Heymans et toc, premier essai, bonifié par la transformation.

Dix minutes plus tard, Floriant Fritz transperce la défense et nouvel essai (18-18). Les Toulousains sont de retour, on se rend coup pour coup, le KO d'un côté comme de l'autre n'est pas loin. Palisson sur une pénalité, puis Estébanez, encore lui, tente et marque un nouveau drop. Encore quelques uns de cette vaine, et il pourrait bien devenir le Monsieur drop nouvelle génération (24-18).

Il reste un quart d'heure à jouer. Une éternité pour ces Brivistes qui ont tant donné, mais rien est  acquis. C'est d'autant plus vrai quand Fred Michalak claque une pénalité (24-21).  Ils sont là les Toulousains, si proches du hold-up parfait. Le butin est à leur portée, mais avec une débauche d'énergie exemplaire, les hussards sont repoussés. Mieux, Alexis Palisson score une fois encore sur une pénalité (27-21). La cause est entendue, Arnaud Méla peut aller signer des autographes et en plus nous voilà rassurer sur l'état de santé des garçons. Quand la santé est là...