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Sur la route de la solidarité

  • Publié le 25/02/2010 à 14:13
  • Par Jennifer BRESSAN



Sur le parvis de la Croix Rouge, hier, à l'heure où la journée de travail prend fin pour certains, trois personnes s'affairent aux abords d'un camion dont le moteur tourne déjà. Ils s'apprêtent à partir en maraude, à la rencontre des personnes sans abri, en détresse physique ou morale. La fin de l'hiver qui se profile ne signifie pas la fin de leurs opérations. Cette maraude, réalisée par des bénévoles de la Croix Rouge apporte à ces personnes de l'ombre, ignorées ou évitées par le tout un chacun dans la journée, de la nourriture, de l'écoute, du réconfort: une existence.

préparation de la soupe

Olivier, Jean-Claude et Leila constituent l'équipe de ce mercredi soir. Ils viennent de terminer la préparation du camion dans lequel ils ont chargé de la nourriture (rassemblée grâce aux quêtes et à la banque alimentaire), une soupe chaude, quelques vêtements et des produits pour l'hygiène. La première chose à faire: appeler le 115. L'équipe de la Croix Rouge travaille en coordination avec le centre d'appel d'urgence et s'informe, avant leur départ, d'éventuels appels de personnes en détresse. Pour l'heure: RAS. 

LeilaLe parcours est fixé à l'avance. Toujours le même, il mène les équipes vers trois points stratégiques de la ville: la gare d'abord, puis la Poste et la rue Toulzac. Cette régularité est importante et constitue "un point de repère pour ces personnes en détresse", affirme Olivier. Du côté des bénévoles, c'est pour eux, chaque soir, l'incertitude. "Parfois, nous rencontrons 5 ou 6 personnes dans la même soirée et d'autres soirs, nous ne trouvons personne", raconte Olivier avec une pointe de frustration causée par l'envie d'aider, de se sentir utile.

Ce soir, une assistante sociale s'est jointe au groupe. Le principal objectif de Leïla est "d'orienter les personnes démunies vers un service social, essayer de comprendre ce qu'ils ont loupé et déterminer comment le rattraper". "Nous avons peu de temps à chaque arrêt car nous devons respecter les horaires du parcours pour ne pas manquer les autres personnes. En peu de temps, il faut parvenir à gagner un peu de leur confiance et c'est pas toujours facile". Alors, ils veillent à leur fournir des informations pratiques comme les adresses et les horaires des accueils de jour et d'urgence où les contraintes de temps sont bien moins grandes". 

De par la taille de la ville, les bénévoles connaissent tous les sans abris. "Il y en a une vingtaine, parfois une trentaine. Ce soir-là, ils seront intervenus auprès d'un jeune homme à la gare, qui les attendait. Si les personnes aidées regroupent toutes les tranches d'âges, "ce sont des hommes pour la majorité et les 18-25 sont particulièrement nombreux", indique Olivier. 

A la gareL'hiver aura été particulièrement rude. Durant les trois grosses vagues de froid, les maraudes se sont déroulées en continu, tous les jours. En hiver, elles se déroulent normalement trois fois par semaine et deux fois en été, une période où il est plus difficile de trouver des bénévoles. Actuellement l'équipe de maraude compte 35 bénévoles.

"On ne le fait pas par hasard", confie Jean-Claude. "Au départ, il y a l'envie d'aider. On ne juge pas, on doit juste s'efforcer de secourir et de soutenir, et ne pas s'impliquer au-delà de ce que notre personnalité permet". Jean Claude poursuit: "Il faut s'impliquer de manière objective sans tomber dans la compassion démesurée. C'est sûr, c'est triste, mais notre apitoiement ne les aide pas et n'est pas synonyme d'efficacité". Un équilibre délicat à trouver. "Il ne faut pas les lâcher". termine Jean-Claude.