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Semaine de la santé mentale

  • Publié le 16/03/2009 à 08:00
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Semaine de la santé mentaleD'accord, le sujet n'est pas des plus joyeux pour redémarrer en ce lundi. Mais, aujourd'hui s'ouvre la semaine d'information de la santé mentale. Elle se traduit à Brive par  une conférence débat grand public, jeudi 19 mars, à 20h, dans l'amphithéâtre du collège Cabanis, sur le thème de la coordination entre les soins et l'accompagnement, autour du documentaire "Vies de fous". Si vous n'avez pas vu ce film poignant diffusé sur Canal+, c'est l'occasion d'ouvrir les yeux.

Un sujet trop souvent tabou, qui dérange et sur lequel il est plus que temps de lever le voile.

Maladies psychiques: "dysfonctionnements du système nerveux qui s'inscrivent dans la durée, avec de multiples aspects, troubles de la pensée, de la perception, de la communication, du comportement, de l'humeur, de la conscience et de la vigilance, de la mémoire, de la conscience de soi. Statistiquement, 1% de la population est touché par les formes les plus graves (psychose schizophrénique et maniaco-dépression)". Source UNAFAM (Union nationale des amis et familles de malades psychiques).

Le sujet n'est pas à proprement parler "grand public" et pourtant il devrait l'être. D'abord parce que la façon dont une société traite ou plutôt ne traite pas ces malades psychiques en dit long sur elle-même et son degré de civilisation. Autrefois, on cachait les malades dans des asiles crasseux, en les "soignant" à coups d'électrochocs ou de bains glacés. Les asiles ont fermé, les pilules ont remplacé les camisoles, le dialogue s'est instauré. Comment vont les "fous", alors ? Pas si bien que ça, en réalité. Par manque d'accompagnement et de structures adaptées, les prisons jouent malheureusement le palliatif d'asiles modernes. La demande de soins n'a jamais été aussi importante. Et donc le plus souvent livrés à eux-mêmes, les malades mentaux sont confrontés à une « liberté » illusoire, qui cache souvent l'absence de réponse à leur pathologie. Faute de reconnaissance, de diagnostic, de moyens. De volonté politique, surtout.

Plus prosaïquement, tout le monde peut se retrouver un jour concerné par le sujet, soi-même ou par un proche. Dépression, psychoses, conduites addictives, bipolarité, maniaco-dépression, schizophrénie... Il existe de nombreuses maladies mentales, plus ou moins handicapantes, qui désocialisent, empêchent de se former, de travailler... de vivre tout simplement. Or qui entend "malade psychique" réduit immédiatement à "fou" avec son lot de violence dévastatrice que stigmatise le moindre fait divers.

La semaine nationale de la santé mentale permet donc d'aborder le sujet et de poser les problèmes avec pondération. Cette 20e édition s'est donnée comme thème "Maladies psychiques, quels soins et quels accompagnements?".

LA CONFÉRENCE-DÉBAT




[caption id="attachment_2690" align="alignleft" width="300" caption="Michel Da Cunha, adjoint au maire de Brive et Claude Baudin, président de l'UNAFAM 19, présentant la conférence-débat."]Michel Da Cunha, adjoint au maire de Brive et Claude Baudin, président de l'UNAFAM 19, présentant la conférence-débat[/caption]

Localement, l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques, l'UNAFAM 19, a choisi d'organiser, avec le soutien de la Ville de Brive, une conférence-débat sur la coordination entre les soins et l’accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques, jeudi 19 mars, à 20h à l'amphithéâtre du collège Cabanis. Le débat sera animé par Michel Da Cunha, vice-président du Centre communal d'action sociale et directeur du foyer de Post cure de Brive. Ce débat réunira psychiatres, représentant du monde associatif à vocation sociale, la Maison départementale des personnes handicapées, Claude Baudin, le président de l'UNAFAM et bien sûr des familles.

LE FILM



La soirée débutera par la diffusion du documentaire "Vies de fous" de Samuel Luret et Jean-Thomas Ceccaldi qui a été diffusé sur Canal+. A travers les trajectoires de différents malades, ce film explore l’univers de la psychiatrie afin de montrer et de comprendre les réalités du système de santé mentale. Un voyage au cœur de la souffrance psychique. Regardez la présentation par les deux réalisateurs.

L'ENJEU


"On ne peut pas traiter ces malades sans s'occuper de l'environnement social. C'est ce qui fait la particularité de cette spécialité médicale", ont affirmé d'un commun accord Michel Da Cunha et Claude Baudin, représentants la Ville de Brive et l'UNAFAM19, lors de la conférence de presse de présentation. "Nous souhaitons une coopération de tous, afin qu'il n'y ait pas de personnes isolées, non accompagnées. L'objectif est de faire comprendre ce qui relève des maladies mentales", explique l'élu municipal.


"La plus grande difficulté est le déni. Très souvent, la personne atteinte refuse de reconnaître qu'elle est malade", commente le président d'UNAFAM. "Il faut aussi que la famille admette qu'il faut soigner... Sans que ça aboutisse par une situation de crise qui se termine aux urgences. Il faut rassurer les parents: il y a de multiples façons de traiter la maladie, en curatif ou préventif, sans forcément hospitalisation. Il faut d'abord la diagnostiquer. Lorsque le malade prend bien ses médicaments et qu'il n'y a pas de conséquences cognitives, il peut vivre dans la cité."




L'UNAFAM EN CORRÈZE


L'UNAFAM 19 regroupe actuellement 64 adhérents. "Mais il nous arrive fréquemment d'aider des familles qui ne sont pas adhérentes", précise son président Laurent Baudin. "Par exemple, avec les stages PROSPECT pour apprendre comment se comporter vis-à-vis d'un malade. Nous pouvons aider les failles de différentes façons. Nous avons aussi été l'un des premiers départements à avoir des GME, Groupes d'entraide mutuelle". Il s'agit de structures d'accompagnement, une maison pavillon à Brive, où les malades se retrouvent en journée pour des activités de leur choix, informatique, artistiques, musicales, des sorties... Elles permettent de maintenir le lien dans une recherche d'autonomie." Il existe trois GME en Corrèze, à Brive, Tulle et Ussel, gérés désormais par la Fondation Chirac. "Mais il n'y a pas de FAM en Corrèze", dénonce le président Laurent Baudin. Entendez-par là Foyer d'accueil médicalisé, adaptée à ces pathologies". Le combat est loin d'être terminé.


A noter qu'une structure spécifique pour traumatisés crâniens, développant consécutivement des troubles psychiques, devrait ouvrir en septembre en Corrèze, à Mercœur dans la Xantrie.


CONTACTS


L'UNAFAM 19 au 05.55.87.44.58 (téléphone répondeur)


Un centre d'appel téléphonique national au 01.42.63.03.03 (du lundi au vendredi, de 9h à 13h et de 14h à 18h). Ce service écoute famille est destiné aux familles et aux amis confrontés à la souffrance psychique et aux troubles psychiatriques d'un proche.