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Jacob Delafon : 160 licenciements et fermeture du site

  • Publié le 25/03/2010 à 18:08
  • Par Jean René LAVERGNE


L'ensemble de l'effectif de Jacob Delafon sera licencié dans les prochaines semaines et avant la fin juillet le site sera fermé. Au total, ce sont 160 personnes qui vont perdre leur emploi, 139 titulaires et une vingtaine d'intérimaires. La décision a été annoncée ce matin lors d'un comité central d'entreprise à Paris.Pour la grande majorité des salariés, ce comité central d'entreprise n'était qu'une manière légale et incontournable d'annoncer ce que tout le monde craignait, la fermeture du site et le licenciement de l'ensemble du personnel. "On s'y attendait, mais certains avaient quelques espoirs qu'il y ait une autre issue, alors vous pouvez imaginer dans quel état d'esprit nous sommes ce soir", témoigne le trésorier du comité d'entreprise, Sinan Sivan.

Depuis 1973, Jacob Delafon est implanté sur Brive, mais depuis 1986, Jacob Delafon n'est qu'une marque, l'outil de production appartient au groupe américain Kohler qui emploie 30.000 salariés dans le monde.

"Aux yeux des Américains, le site briviste n'est plus rentable, la production sera probablement délocalisée au Maroc et c'est nous qui allons en faire les frais", déplore le trésorier. Les dirigeants de Kohler France sont manifestement décidés à aller vite, le site devrait être fermé  dans le courant du mois de juillet.

Bien évidemment, les hommes pour la plupart s'étaient préparés à cette nouvelle, mais il n'en demeure pas moins vrai qu'elle est difficile à accepter. "On sent bien que cette décision est irréversible, alors maintenant on va se battre pour obtenir des conditions de départ dignes, nous serons intransigeants sur les indemnités", précise encore le membre du comité d'entreprise.

L'affaire semble entendue, mais les "Delafon" sont décidés à se mobiliser pour dénoncer ce qui est à leurs yeux une profonde injustice. "Bien sûr il y aura une cellule de reclassement, tout sera fait dans le bon ordre, mais à la sortie nous n'aurons plus rien", ajoute un salarié joint par téléphone. Samedi matin dernier, Philippe Nauche le député-maire a reçu les salariés : "On a regardé comment on pouvait coordonner notre action".

Ce soir, à l'issue d'un conseil communautaire de l'Agglo de Brive, Philippe Nauche a informé les élus sur la situation de cette entreprise vouée à une mort certaine : "C'est une très mauvaise nouvelle pour le pays de Brive. Par rapport au bassin de Brive, le groupe Kohler a une responsabilité et nous aurons des propositions à leur faire en matière de revitalisation, c'est une triste nouvelle".

Demain, le président du conseil général François Hollande recevra à Tulle les salariés.