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Une conférence capitale

  • Publié le 26/03/2010 à 11:18
  • Par Jennifer BRESSAN



Brillante est la personnalité de Jérôme Vignon qui a fait le déplacement jusqu'à Brive hier pour proposer une conférence à Bossuet sur un thème d'une vibrante actualité: peut-on réformer le capitalisme? Brillante fut aussi son intervention. Un "propos aride", selon son propre avis, mais qu'il n'a pas cherché à simplifier pour l'auditoire constitué de nombreux jeunes élèves. "Nous devons être ambitieux. L'école n'est pas qu'un lieu d'enseignement, c'est aussi un espace de culture et justement, il faut que les élèves aient faim de culture pour qu'ils deviennent acteurs de leur propre développement", ajoute François David, le chef de l'établissement.

Jérôme Vignon

C'est dans le cadre des "Questions actuelles", un cycle de conférences organisées par l'ensemble scolaire Edmond Michelet et la communauté Franciscaine de Saint Antoine, que Jérôme Vignon est venu tenir une conférence. La crise qui a frappé de plein fouet le monde et dont les effets restent prégnants aujourd'hui, a porté au grand jour les limites du capitalisme. Comment donc le mettre au service d'un développement social durable? En bref, comment l'humaniser?

"La crise que nous vivons est une alerte sur la nécessité de changer", commence Jérôme Vignon, président des Semaines sociales et directeur à la commission européenne chargée de la protection sociale et de l'intégration. Dans cette optique, il a exposé devant près de 200 personnes quatre Estelle, une jeune élève qui a introduit, comme de coutume, les propos de Jérôme Vignonvoies de recherches actuelles pour réformer le capitalisme.

Jérôme Vignon a d'abord dégagé l'hypothèse du néo néo keynésianisme, menée par  Olivier Blanchard, chef économiste au FMI. Elle vise à rééquilibrer le revenu des actions et celui du travail. Autre hypothèse, celle de la responsabilité sociale des entreprises généralisées, portée, entre autre, par Kofi Annan. Selon cette voie, les entreprises s'astreindraient aux règles qu'elles se seraient elles-mêmes fixées. Le profit ne serait plus la seule fin de l'entreprise. Ce qu'elles y gagnent?  Un gain de légitimité et une motivation accrue des salariés.

Jérôme Vignon et François DavidTroisième voie, plus utopique, selon Jérôme Vignon: l'économie de la fonctionnalité et de la relation, principalement développée en France. Elle place le consommateur au centre de la réforme et vise à substituer la propriété du bien à l'accès aux services. C'est une vision non possessive de la consommation, génératrice d'emplois. Dernière hypothèse : l'économie solidaire. Elle se définit par une finalité sociale et concerne principalement les petites entreprises. Il ne s'agit alors plus de lutter contre le capitalisme mais d'utiliser sa dynamique pour servir la solidarité.

"Tout est dans le "on" du peut-on réformer le capitalisme? Et ce on, c'est le cadre européen", avance Jérôme Vignon. "Il faut aussi miser sur la capacité individuelle des personnes, s'appuyer sur l'imagination et la créativité". L'expert qui avoue sa subjectivité et qui porte dans son discours la doctrine sociale de l'Eglise catholique se veut positif et refuse d'être taxé de naïf. "Ces voies de réforme du capitalisme vont créer un potentiel de métiers insoupçonnables. L'heure est à l'espérance", avance-t-il, confiant, face aux jeunes élèves. "Ma volonté, c'est que les élèves soient debout. Je crois à l'inattendu de la personne c'est pourquoi il est essentiel de leur proposer de la qualité", précise François David. Et de qualité, cette conférence l'était réellement.

Le prochain rendez-vous est fixé au 29 avril. Bernard Lecomte, journaliste et écrivain, proposera une conférence sur le thème : "Jean-Paul II, un pape qui a fait l'histoire". A 20h30, au lycée Bossuet.



La prochaine conférence