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Des milliers dans la rue pour faire battre en retraite le projet Sarkozy

  • Publié le 07/09/2010 à 11:03
  • Par Jean René LAVERGNE


Combien étaient-ils ce matin à battre le pavé mouillé pour dénoncer la réforme des retraites? 7.000, 8.000, 10.000 et peut-être plus encore... Peu importe! Le cortège était immense, interminable. Une marée humaine pour exprimer une hostilité contre cette réforme jugée injuste sur la forme et le fond, même si beaucoup s'accordent à penser qu'il est nécessaire de réfléchir sur ce dossier. Une journée de grogne qui va sans doute au-delà du rejet de cette réforme des retraites dans un contexte économique qui étreint les plus fragiles.

La pluie n'a pas douché l'enthousiasme de ces manifestants venus du service public comme du privé. Derrière une banderole unitaire marchent du même pas les leaders syndicaux du département. La mobilisation semble supérieure à celle du 24 juin dernier, la tête du cortège rejoint l'avenue de Paris, les derniers manifestants n'ont pas encore quitté la place Thiers. Un cortège coloré, les manifestants avancent en rang serrés, une voiture sono balance à grands renforts de décibels le refrain culte du groupe Téléphone J'ai rêvé d'un autre monde. Un jeune salarié de chez Deshors ne manifeste pas spécialement contre la réforme des retraites. Il est rongé par d'autres soucis plus immédiats: "Je suis dans la charrette des licenciés, j'ai la haine, je ne sais pas ce que vais devenir ou plutôt si, je vais rejoindre le pôle emploi. Il faut marquer cette journée".

Les cheminots, les postiers, les professeurs, les instituteurs, les infirmiers et bien d'autres catégories socioprofessionnelles ont adhéré à cette journée d'action. Dans ce cortège, on retrouve des "vieux de la vielle" rompus aux manifestations, puis signe des temps sont aussi présents des jeunes gens à l'aune d'une vie professionnelle. "Je n'ai pas envie de travailler jusqu'à 70 ans", assure une étudiante. Plus loin, un manifestant la cinquantaine bien sonnée a fabriqué avec de la ficelle et du papier une pancarte qu'il porte attachée à son cou: "Du travail de 20 à 60 ans, c'est tout".  Vent de fronde et aussi colère froide dans cette foule qui dénonce les injustices. "Il y a de la révolte partout et elle s'accentue quand on voit les bénéfices colossaux engrangés par les entreprises du CAC 40, c'est indécent", lance un manifestant très remonté.

Et maintenant ?

Il y aura-t-il un avant et un après 7 septembre 2010. A l'issue de cette journée, les syndicats feront leur compte, le gouvernement les siens. Les chiffres seront différents: classique! Demain, les organisations syndicales doivent se retrouver au siège de la CGT pour faire le point sur la suite du mouvement.

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