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La maraude intensifie ses tournées

  • Publié le 02/12/2010 à 10:23
  • Par Jean René LAVERGNE
Depuis le 25 novembre le plan grand froid est activé dans le département. Première conséquence: le nombre de maraudes est passé de deux à trois par semaine. Hier soir, le préfet Alain Zabulon, le sous-préfet Francis Soutric et Patricia Bordas premier adjoint au maire, se sont joints aux bénévoles de la Croix-rouge pour aller à la rencontre des sans-abri.

La camionnette blanche de la Croix-rouge prend la direction de la gare. Il est presque 19h, il fait un froid humide, la nuit sera encore glaciale. Les bénévoles de la Croix-rouge, Marie-Françoise, Michelle, Elodie, Gilles, Luis ont une fois encore tout prévu pour ces hommes et ces femmes qui pour la plupart ont fait le choix de rester dans la rue, bien que des structures d'accueil existent. A bord du véhicule, de la soupe chaude, du café, des yaourts, du pain de mie, ce serait presque un menu de fête pour  Julien et ses compagnons d'infortune.

Julien a taillé la route depuis le Lot et Garonne pour arriver à Brive, La soupe lui réchauffe le corps, et l'attention qu'on lui prête lui réchauffe le cœur, mais il tremble de froid. Julien avait autrefois un boulot, il bossait dans le bâtiment, il était plaquiste. Puis un jour tout a basculé. "On s'est embrouillé avec mon patron, je suis parti, plus de salaire, plus d'argent, il ne me reste plus que la rue et ma chienne", explique t-il. Parcours compliqué, vie cabossée, ce qui est vrai pour Julien l'est aussi pour d'autres qui peu à peu ont décroché et se retrouvent contraints et forcés de faire la manche pour survivre.

La Croix-rouge est là, elle vient en relais des dispositifs mis en place par l'Etat et la collectivité. "Nous sommes très sensibilisés à la situation de ces personnes, nous travaillons avec les éducateurs de rues, le SAMU social et nous réfléchissons à de nouvelles dispositions pour venir en aide efficacement à ces personnes", ajoute Patricia Bordas.

La présence de la maraude est un moment fort de la journée pour un sans-abri. A deux pas de la poste, la camionnette blanche fait une nouvelle halte. Une femme s'approche discrètement, comme gênée. Elle prend un bol de soupe, elle aussi n'a pas été épargnée: "J'ai été licenciée, puis j'ai divorcé, je vis en dessous du seuil de pauvreté. Quand j'ai payé mon loyer, il me reste moins de 300 euros, je n'y arrive plus, alors je viens à la soupe populaire", dit-elle. Les temps sont durs et la crise est passée par là, ce qui n' a rien arrangé. "Nous constatons une hausse de 30% de la fréquentation des structures d'hébergement", fait remarquer Marie-Françoise, bénévole à la Croix-rouge. Les sans-abri ont fait le plein de provisions jusqu'au prochain passage de la camionnette blanche, puis comme des ombres, ils se sont fondus dans la nuit...