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Georges Michel, ancien maire de Brive, a fêté ses 100 ans

  • Publié le 20/12/2010 à 15:09
  • Par Olivier SOULIÉ
Georges Michel et Jeannette

"Georges, ne te donne pas trop d'importance quand même!" Jeannette, 90 ans, affiche un large sourire. Dans ses propos, beaucoup de tendresse pour son mari, un superbe centenaire qui pourrait, légitimement, se "donner de l'importance" et qui, pourtant, ne le fait pas. Georges Michel fut nommé maire de Brive le 16 août 1944, le lendemain de la libération de la Ville. Et il a marqué l'histoire de la cité bien au-delà encore.

Georges MichelNé à Capdenac le 19 décembre 1910, Georges Michel arrive très vite à Brive. Devenu maître imprimeur avant guerre, ce disciple du sénateur François Labrousse et militant des Jeunesses radicales socialistes s'est illustré au cours de la seconde guerre mondiale. Alors que sa compagnie dépose les armes à Château-Thierry, le jeune combattant refuse de se rendre et traverse la France pour revenir à Brive.

Mains unies depuis bientôt 68 ansEntré en clandestinité et fort de son activité d'imprimeur, Georges Michel diffusera les messages de la résistance et deviendra vite un de ses chefs. Marié en 1943 avec Jeannette, elle aussi active au sein des réseaux clandestins, le combattant, président du Comité de libération, sera nommé maire de Brive le lendemain de la libération de la ville par ses propres moyens, le 16 août 1944. Il le restera jusqu'au 5 septembre de la même année. Il désignera son successeur: son ami des Jeunesses radicales socialistes Jean Labrunie. Il deviendra son 2e adjoint.

Lors de son passage à la mairie de Brive, entre le 16 août et le 5 septembre 1944, Georges Michel aura eu la volonté d'éviter les effusions de sang. Il souhaite également résoudre les problèmes de ravitaillement dans une ville où les réfugiés sont accueillis en nombre. Des missions pas évidentes et pourtant parfaitement accomplies.

Poignée de main entre maires"Vous avez su rétablir les valeurs républicaines dans la cité, et ceci de la meilleure des manières." Philippe Nauche, lors d'une visite à son illustre prédécesseur hier à son domicile, a offert, non sans émotion, au nom de la municipalité, une médaille de la Ville au valeureux centenaire. Issue d'une toute nouvelle série signée Arthus-Bertrand, elle porte le numéro 1 et est gravée au nom de Georges Michel. "Je vous remercie grandement de cette attention, je suis très touché", dira l'ex-premier magistrat.

Entre 1947 et 1953, c'est en qualité d'adjoint à la jeunesse et au sport que l'entrepreneur, ayant repris son activité d'imprimeur, va s'illustrer. Il est notamment à l'origine de la naissance du parc des sports - l'actuel stade d'athlétisme - qui prend alors la place du stadium.

la médaille

Lorsqu'on lui confie la charge du développement économique, ce proche d'Henri Queuille, résistant et politicien corrézien bien connu ayant cumulé les fonctions au plus haut sommet de l'Etat, contribuera à la création de la première zone économique de la cité gaillarde à Beauregard, où nombre d'entreprises viennent s'installer.

remise de la médaillePoliticien dévoué à sa ville, Georges Michel brillera également sur un plan professionnel. Son activité d'imprimeur, débutée avant guerre et poursuivie ensuite, fut aussi une des grandes satisfactions de sa vie. L'entreprise a prospéré rapidement et a compté jusqu'à une cinquantaine d'employés travaillant pour des clients d'envergure régionale et nationale comme Rougier, Delpeyrat, Andros, Blédina, Total ou Fauchon.

Une réussite qui laissera tout de même à ce patron de renom le temps de se consacrer à trois passions: la musique dans une formation jazz et à l'harmonie Sainte-Cécile, la boxe - il fut président du Boxing club de Brive et fit venir, en 1951, la super star Ray Sugar Robinson, champion du monde - et le CAB dont il reste un grand supporter. Il a assidument fréquenté la tribune Europe jusqu'à l'âge de 98 ans! Un âge où il finira aussi, pour raison de santé, par abandonner l'idée de conduire sa voiture.

"Ah ça, il était vraiment très dynamique, je peux vous le confirmer!", conclura sa souriante épouse.

Georges Michel et son épouse Jeannette