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A Cabanis, la poésie prend l’air

  • Publié le 10/03/2011 à 17:04
  • Par Jennifer BRESSAN
La journée de poésies à Cabanis se termine par un lâche de ballon

16h au collège Cabanis. Des centaines d'élèves sont regroupés dans la cour. Ils attendent avec impatience le lâcher de ballons qui viendra clore une journée ponctuée par des lectures sauvages de poésie. Une toute nouvelle initiative qui a fait l'unanimité.

je le veuxSous les cris et les applaudissements des jeunes élèves du collège Cabanis, une centaine de ballons s'envolent dans les airs et égayent le ciel sans nuage de leurs couleurs acidulées. Accrochés à ces ballons, des petits papiers où les élèves de 6e, 5e et 3e de Philippe Mathieu, professeur de français et organisateur de cette journée, ont inscrit tous les poèmes qu'ils ont choisis puis lus, toute la journée dans le collège.

"On arrivait dans les classes. On disait bonjour puis on lisait le poème qu'on avait choisi. Et puis on repartait", raconte, enthousiaste, Cléo. Ces lectures sauvages se sont déroulées en binome à chaque heure de la journée à l'occasion de la quinzaine du printemps des poètes. C'est la première fois qu'une initiative de la sorte était mise en place au collège et aux dires de Philippe Mathieu, professeurs, personnel du collège et élèves étaient ravis: "Ils étaient même aux anges!"

Marie, en pleine lectureMarie, une jeune élève de 6e, nous le confirme. Elle faisait partie de cette brigade d'intervention poétique: "C'était vraiment super. On devait choisir un poème qui nous tenait particulièrement à cœur. J'ai choisi Le Bonheur de Marc Alyn. Finalement, je n'ai pas eu très peur au moment de lire le poème que j'avais choisi car j'avais confiance en mon texte. Je n'ai pas cherché un grand poète, juste un qui me convenait. J'en ai choisi un qui parle du bonheur. Dans le poème, on voit qu'il ne tient à presque rien. Ce sont juste de petites choses de la vie. C'est cela que j'ai aimé."

Tout l'intérêt de cette initiative réside dans l'implication des jeunes qui ont choisi eux-mêmes leurs poèmes. "Les élèves m'ont surpris", confie le professeur: "Ils ont été à la bibliothèque, sur internet. Ils en ont consultés un peu partout et se sont tournés vers des classiques. Beaudelaire, Eluard, Ronsard par exemple. Je leur ai demandé la raison de leur choix, ils m'ont répondu: c'est parce que c'est beau. Quand on est professeur et qu'on s'entend dire cela, alors là oui, c'est qu'on a rempli notre part du travail. Les élèves sont devenus de vrais lecteurs autonomes de poésie."

avant l'envolée poétiqueAvec confiance, le professeur croit en l'avenir de la poésie. Même si sur les étagères de nos librairies, le coin des poésies fond comme neige au soleil, ce genre d'initiative ludique et active pourra peut-être participer au regain d'un genre littéraire à part, où les mots s'enrobent d'une infinité de possibles, prennent de la hauteur et volent en liberté dans les airs. Portés ou non par des ballons.

Ces ballons, chargés de poèmes, iront là où le vent les portera. Si vous avez la chance d'en intercepter un, vous pourrez y trouver les poèmes élus par les jeunes mais aussi l'adresse du blog sur lequel vous pourrez lire la centaine de poèmes choisis. Vous pourrez y laisser vos impressions et vos commentaires. Et pour ceux qui n'auraient pas la chance d'en recevoir un, vous pourrez  les retrouver sur le blog, en cliquant ici.

les yeux et les téléphones vers le ciel