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François Lacassagne décroche l’Etoile

  • Publié le 15/03/2011 à 17:30
  • Par Marie Christine MALSOUTE
François Lacassagne pendant l'Etoile d'Atacama

Heu-reux, François Lacassagne, les traits tirés, la mine halée: il vient d'accrocher un nouveau titre et des paysages grandioses à un palmarès déjà fourni. Le coureur briviste rentre juste du Chili en ayant remporté l'Etoile d'Atacama, un raid nature extrême tout en altitude. Impressions à chaud.



Etoile d'Atacama. DRIls étaient 22 au départ, triés sur le volet, quatre de moins à l'arrivée. "C'était très éprouvant", reconnait François. Doux euphémisme chez celui qui ne se départit jamais de sa souriante humilité. "Heureusement, j'étais bien préparé à l'altitude et c'est ce qui a fait la différence." Pendant de longs mois, son entraîneur Christian Malles lui avait concocté quelques petits astuces maison pour se familiariser à l'effort aux sommets: courir avec des poids, un masque, les narines obturées... "Ce sont des petites choses qui m'ont permis de rentrer tout de suite dans la course, à la différence de mes deux concurrents directs qui ont été gênés par des maux de tête et des vomissements." Parmi ses rivaux, la redoutée et redoutable Kathia Figini, championne du monde ultra trail qui court de part le globe contre les violences faites aux femmes. "Les organisateurs s'attendaient à une bagarre entre nous deux."

Etoile d'Atacama. DRTout commence bien pour le Briviste, même le froid qu'il craignait ne semble pas l'infléchir. A tel point que François délaisse la retenue qu'il pensait s'imposer: "J'avais 12 minutes d'avance sur les 3 premières étapes." Bien lui en a pris car le 4e jour, il essuie à son tour "un gros coup de bambou".  "Je n'avais pas dormi la veille et c'était l'étape des 40km avec le pic du raid à 4.500m. C'est l'expérience qui m'a sauvé. Je ne me suis pas affolé lorsque j'ai vu l'Italienne me semer. Elle m'a pris 7 minutes et 2 le lendemain." Victime d'une nouvelle insomnie, le Briviste se résoudra tout de même à prendre un somnifère afin de pouvoir récupérer des forces. "Les deux jours suivants, on a fait l'étape ensemble, mais au 8e jour, c'est elle qui a craqué. C'était très dur: 46km avec le vent de face. Je l'ai lâché rien qu'en marchant tellement il y avait de dénivelé." Le dossard 8 briviste aura récupéré ses 12 minutes d'avance du départ et décroché une première place méritée et secrètement espérée. "J'avais de l'ambition, mais je préférais être prudent", admet-il aujourd'hui. François n'en prend pas pour autant la grosse tête: "Ma moyenne sur le raid est de 9km/h, ce n'est pas énorme!", plaisante-t-il.

Etoile d'Atacama. DR

"On ne peut pas profiter à 100% du décor", admet François, "mais les paysages étaient magnifiques." Ses yeux s'enflamment à évoquer "des grandes lagunes, des déserts le bivouac. DRcaillouteux, des gros geysers. On se croirait sur une autre planète!... Et pas une âme. Sauf une fois, dans un petit village à Rio grande. Les habitants, à peine une quinzaine, étaient heureux de nous voir et nous avaient même préparer des brochettes." Le coureur ne tarit pas d'éloge sur l'encadrement et les bivouacs. "Par contre, ce que je ne savais pas, c'est que c'était toi qui devait monter ta tente à l'arrivée. Et la démonter le lendemain avant de partir. Ça, je ne m'y attendais pas, il a fallu prendre le coup!"

Magie des images, pureté des paysages, exigence de l'effort: le raid a répondu à toutes ses attentes. "Et je suis content de l'avoir fait pour Oscar", explique pudiquement François. Oscar Rodriguez: le copain d'entraînement disparu trois semaines avant son départ pour le Chili. "Le dernier jour, j'ai couru pour lui, en portant un tee-shirt que j'avais fait imprimer avec son prénom."

Le mot de la fin, nous le laisserons à sa fille Adèle qui comme pour chacune des courses lui cache quelque chose dans son bagage. Cette-fois, c'était un poème imprimé sur un tee-shirt:

poeme d'Adele"J"écris le mot course à pied,

Et tout devient merveilleux.

Quand j'écris le mot rugby,

Tout devient mêlée.

Quand j'écris le mot Chili,

Tout devient voyage.

Quand j'écris le mot force,

Tout devient magique.

Et quand j'écris le mot papa,

Tout devient joyeux."

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pour Oscar