Actualités

La ZEP en deuil veut se faire entendre

  • Publié le 08/04/2011 à 11:17
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Les parents de l'école Jules Romains rejoignent ceux de Marie Curie

A Tujac, parents et enseignants ont déjà sorti les banderoles de la colère pour dénoncer les suppressions de postes dans l'éducation nationale, notamment en Zone d'éducation prioritaire. L'école Marie Curie est directement concernée, Jules Romains sent le vent venir. Alors les parents de la seconde ont déjà rejoint en fin de matinée la première. Cet après-midi, ils seront dans la manifestation à Tulle à 15h. "Et ce n'est pas terminé", préviennent-ils.



cercueil et bébésPetit attroupement à 11h devant l'école Jules Romains: une vingtaine de parents et d'enfants se préparent à défiler jusqu'à l'école voisine. On sort les banderoles, le cercueil de circonstance: "Touchez pas à notre école", "Non aux classes surchargées"... Ici on préfère prendre les devants même s'il ne plane pas de suppression de classe comme à l'école Marie Curie voisine. "C'est symbolique, par solidarité", explique Coline Sanota, déléguée de parents d'élèves. "Nous, on est pas touché, mais demain? On nous annonce déjà pour l'an prochain le passage à 35 élèves en CP. La jeunesse, c'est essentiel. On peut pas laisser faire ça!" Son homologue Cédric Lachaud ne décolère pas: "Comment voulez-vous apprendre quelque chose de correct dans ces conditions? Garantir l'acquisition des connaissances? Le droit d'étudier sera fonction des revenus des parents." Sophie Bourdarias, l'enseignante en grande section confirme la menace prochaine: "Ça risque d'être au détriment des enfants. Le nombre, les cours doubles... C'est la mort annoncée de l'école publique." Certes la mobilisation est décevante, mais parents et enseignants ne se découragent pas: " Le but, c'est Tulle à 15h".

Mort des ZEP

Alors le cortège fait un petit tour de chauffe jusqu'à sa voisine "en deuil" où l'on charge déjà les banderoles dans les voitures. Là aussi pas question de rester les bras croisés: La ZEP mise à mal"On passe de 7 classes à 6, on nous supprime un poste d'enseignant l'an prochain ainsi qu'un EVS (Emploi de vie scolaire, Ndlr). En Zone d'éducation prioritaire où les moyens devraient être plus grands! C'est incohérent et profondément injuste. On a déjà des enfants en difficulté, des familles fragilisées, ce n'est pas en supprimant une classe et en surchargeant les effectifs qu'on va pouvoir enseigner correctement et assurer notre mission. Il ne faudra pas venir imputer l'échec scolaire aux enseignants", s'insurge Christine Puydebois du SNUIPP-FSU.

"L'enseignant aussi va se retrouver en grande difficulté: j'ai 24 élèves cette année en CE2 et je n'y arrive pas. On a pas le temps de s'occuper de tout le monde... " Dans les rangs plane un sentiment de casse programmée. Jules Vallès a déjà été touchée l'an dernier, Marie Curie cette année... Jules Romains s'inquiète. "C'est toute la ZEP qui sera touchée. Et les parents ont bien compris l'enjeu. devant l'école Jules RomainsHier, ils se sont fortement mobilisés et n'ont pas envoyé leurs enfants en classe: sur 210 élèves, nous n'en avons accueilli que 8. Ce qui est remarquable, c'est cette grande solidarité qui s'est créée entre parents et enseignants. Ce n'est pas fini. On veut se faire encore entendre", annonce-t-elle. Et les parents de fourbir les banderoles. Leurs représentants seront d'ailleurs reçus mardi prochain à l'inspection académique. D'ici là, c'est cet après-midi et à Tulle que la colère va gronder.  Le mot d'ordre est de se mettre en noir, pour être plus visible et marquer le deuil. "Je pense qu'on sera très nombreux. Des établissements qui ne devaient pas faire grève la font. Il y aura du monde", assure chacun.

Sur ce sujet, vous pouvez aussi lire nos précédents articles: