Actualités

Un crash test pour marquer les esprits

  • Publié le 03/05/2011 à 14:37
  • Par Marie Christine MALSOUTE
L'accident d'Alex reconstitué

La voiture lancée à 50km/h percute Alex en cyclo. Le choc est violent et mortel. Silence révélateur parmi les 900 élèves de 3e du bassin de Brive massés derrière les barrières de sécurité. Mieux qu'un long discours, les images de l'accident reconstitué impriment les esprits. Cette démonstration percutante qui s'est déroulée cet après-midi sur le parc de la Corrèze, visait à sensibiliser les collégiens dans le cadre du Plan départemental d'actions de sécurité routière.



Le pilote professionnel Pascal Dragotto"L'accident a réellement eu lieu", précise le pilote professionnel Pascal Dragotto. "Un matin, Alex se rendait au collège sur son scooter. Il avait mal mis son casque qui s'est envolé sous le choc. C'est sa tête qui a percuté le pare-brise avant d'aller frapper le sol." Pour preuve, il récupère des cheveux du mannequin incrustés dans la vitre. La masse des collégiens écoutent en silence le déroulé des multiples blessures: jambes broyées, traumatisme crânien, du rachis, fracture du crâne... "Dans ce type d'accident, il y a 95% de risques d'être tué sur le coup. Donc 5% de survie, mais dans quel état..." Des mots simples qui frappent direct.

les pompiers et Alex"Pour que le pare-brise prenne cette forme..." Soufflés, Bernard et Dan, venus du collège Jean Lurçat tout proche, en oublient de terminer leurs phrases. Pendant ce temps, les pompiers mettent la victime dans son sac mortuaire. "C'est sûr, je ferais beaucoup plus attention", dit l'un. "Je ne roule pas en scooter, mais maintenant je m'inquièterai pour mon frère qui en a un." Le message est passé. "Il y a eu 7m de freinage pour la voiture et le scooter a glissé sur 23m30", mesure la police nationale.  "Et c'est un petit choc en ville", enfonce le commentateur.

Avant que l'averse tant redoutée ne frappe à son tour, les collégiens assisteront également à un deuxième accident entre deux véhicules légers, celui de Daniel, 18 ans, tout jeune conducteur, et d'Eric son copain passager qui restera tétraplégique. Là aussi, un cas concret, à seulement 50km/h.

Reconstitution d'un accident entre deux véhicules légers

"Nous avons voulu montrer la réalité d'un accident. Les discours on les entend, les images on les garde en tête", explique Brahim Louafi, coordinateur sécurité routière à la préfecture organisatrice de cette opération avec le collège Jean Moulin. La tranche d'âge a été ciblée: "15 ans, c'est l'âge où l'on conduit un cyclo. En Corrèze, les 15-24 ans constituent 10% de la population, mais sont impliqués dans 30% des accidents de la route: ils sont largement sur-représentés. Et 25% des accidents concernent des deux roues."

"C'est l'une de nos 115 actions que nous allons mener en 2011. Cette démonstration a également été préparée en classe. On espère ainsi faire baisser l'accidentologie des jeunes qui avec l'alcool, la vitesse, les deux-roues motorisés et les seniors sont nos enjeux de sécurité routière en Corrèze." Une autre action aura lieu prochainement, le 30 mai prochain, cette fois avec des élèves de seconde qui participeront à une simulation d'audience correctionnelle concernant un délit routier.

Crash test pour les collégiens du bassin de Brive