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Poètes et chanteurs se donnent rendez-vous à Concèze

  • Publié le 12/08/2011 à 13:59
  • Par Jennifer BRESSAN
Soirée de lancement du festival DécOUVRIR de Concèze à la médiathèque de Brive

"Ça ne me gêne pas qu'on me traite de poète! J'aime ça et je n'aime que ça et j'ai pris le risque de mourir de faim pour ça", confiait François Corbier, désormais "plus proche de Brassens que de Dorothée" avant le début de la soirée de lancement du festival DécOUVRIR de Concèze. Elle s'est déroulée hier soir à la médiathèque de Brive, en présence de certains artistes, poètes et chanteurs, qui feront vivre dès ce soir et jusqu'au 17 août l'espace du foyer rural de Concèze. Et c'est gratuit! En guise d'entrée en matière, ils ont débattu hier de la possibilité de vivre de poésie et de chansons aujourd'hui.

Matthias VincenotAutour de Matthias Vincenot, directeur artistique du festival DécOUVRIR, François Corbier, Usthiax, Bertrand Pierre, Emilie Marsh, Eric Guilleton, Michel Baglin, Benoît Doremus et Portifirio Mamani Macedo sont quelques uns des poètes et des chanteurs, présents hier soir à la médiathèque et qui feront vivre la 9e édition de ce festival convivial et familial, sans brillant, mais riche pourtant. Durant le temps du festival, Concèze, petite commune de 400 habitants, se fait alors haut lieu de la chanson et de la poésie. On se demande encore comment ça a pris mais le fait est que chaque année, artistes et public sont au rendez-vous.

le public"Publier un livre de poésie, c'est comme jeter un pétale dans le Grand Canyon et attendre l'écho", cite Bertrand Pierre, ex Pow-Wow qui chante désormais du Victor Hugo. Eloquent. Tous en conviennent: vivre de sa poésie et de ses chansons est très difficile. Ce n'est pas une surprise. Reste que la plupart des intervenants ont expliqué hier soir le caractère irrépressible de leur démarche d'écriture qu'elle soit poétique ou musicale et si tous ne sont pas d'accord pour qualifier leur activité de "métier", ils se retrouvent pour parler de chemin. "La poésie est un bien commun, un chemin d'encre qui ne rapporte pas souvent, mais ce qui compte, c'est que ce soit un chemin de partage", estime Michel Baglin qui poursuit: "Souvent, on m'a dit, "C'est pas sérieux ta poésie: tu remplis pas les pages, tu remplis même pas les lignes"! Pas facile d'assumer cette position quelque peu décalée -en avant ou en retrait, c'est selon- du monde.

les artistesEt pourtant, certains pointent du doigt le fait que les poèmes distribués parfois dans les grandes villes ne partent que rarement aux poubelles de même que rares sont les graffitis à venir dissimuler des poèmes inscrits dans le métro "comme si la puissance de la poésie était en même temps évidente et niée", avance Bertrand Pierre. "Un mystère".

"En tant qu'artiste, combien vaut-on?" et "peut-on n'écrire que pour soi?" sont quelques autres questions qui ont entretenu le débat, sorte d'introduction au festival qui commence dès ce soir avec Benoît Doremus, remarqué par Renaud, Bertrand Pierre (ex Pow Wow) et le chanteur Usthiax qui incarne le folk rock français de la nouvelle génération. Parmi la pléiade de rendez-vous offerts par le festival, ne ratez pas les tubes de Nicolas Peyrac, encore dans toutes les mémoires, samedi 13 et l'univers décalé de François Corbier, dimanche 14. Lui qui assume sa folie et ne cache pas la chance qu'il a eu d'être épaulé et aidé tout au long de sa vie par des proches sans lesquels il n'aurait jamais pu survivre de son "grain".

Tous les rendez-vous du festival qui se déroule du 12 au 17 août à découvrir en cliquant ici. Au foyer rural de Concèze. Toutes les soirées qui débutent à 20h30 sont gratuites.

Corbier

Benoit Doremus

Bertrand Pierre

débat

Emilie Marsh

Eric Guilleton

Michel Baglin

Porfirio Mamani, poète péruvien

Usthiax