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Le colloque Michelet fait revivre aux lycéens l’armistice de juin 1940

  • Publié le 30/11/2011 à 15:24
  • Par Jennifer BRESSAN
Intervention des élèves de Danton

Demain, l'immeuble consulaire accueillera dès 9h le 35e colloque Michelet sur le thème "A quoi nous sert l'histoire?" Vendredi, ce sont les jeunes qui en seront les acteurs. Ce matin, nombre d'entre eux répétaient leurs interventions dont Valentin qui avec ses camarades en terminale littéraire du lycée d'Arsonval, se sont mis dans la peau de ceux qui se sont prononcés en faveur de l'armistice ou au contraire de la continuation de la guerre lors du conseil des ministres de juin 1940. Entrée libre et gratuite. Tout le programme du colloque en cliquant ici.



[caption id="attachment_71778" align="alignright" width="300" caption="Valentin"]Valentin[/caption]

"Cela a vraiment été enrichissant", estime Valentin, élève de la terminale littéraire du lycée d'Arsonval choisie pour participer au colloque. La classe a filmé une reconstitution du conseil des ministres de juin 1940 où les élèves endossaient le rôle d'hommes tels que de Gaulle, Herriot ou encore l'amiral Darlan. L'enjeu: "voir si on arrivait à une décision différente de celle qui a été prise: l'armistice", explique Valentin. "J'incarnais Edouard Herriot. Moi, j'étais du côté de l'armistice, lui pour la continuation de la guerre. Grâce à cette mise en scène qui nous a plongés dans le contexte de l'époque, j'ai compris pourquoi il avait fait ce choix. Il ne voulait pas signer de traité avec Hitler et il voulait défendre la France en se battant quand moi j'aurais voulu la paix pour arrêter le massacre."

lycéens"Nous avons bien pris soin de leur expliquer les conditions dans lesquelles ils allaient devoir faire leurs choix", a précisé Valérie Roussel, professeur de philosophie. "Certains élèves devaient se soumettre à des choix définis. Pour d'autres, la décision de voter l'armistice ou la continuation de la guerre leur appartenait. Il revenait alors à l'élève de se déterminer et de déplacer son point de vue, de scruter les âmes", selon les termes de l'historien Marc Bloch. "Ils ont alors pu comprendre le caractère imprévisible de certaines décisions humaines et pourquoi l'armistice, qui est une erreur historique, a pu être votée", a ajouté Philippe Albouy, professeur d'histoire géographie.



[caption id="attachment_71782" align="alignright" width="300" caption="Enseignants d'Histoire et de Philosophie"]Enseignants d'Histoire et de Philosophie[/caption]

Donner du sens, rendre vivant, c'est bien là l'intérêt de ces travaux auxquels participent des élèves de Terrasson, de Gourdon et à Brive, ceux des lycées Danton, d'Arsonval et Bossuet ainsi que le centre juridique et les BTS tourisme de Bahuet. "Chaque classe, selon son cursus et ses spécialités, s'est appropriée le thème et a apporté sa propre réponse à la question posée par ce 35e colloque qui à une dimension civique et citoyenne fondamentale", a expliqué David Marmonier, directeur du centre d'études et musée Edmond-Michelet. "Dans ce contexte, il semblait naturel que les jeunes puissent en être des acteurs privilégiés." Toute la matinée de vendredi, ouverte à tous, leur sera consacrée. Mais auparavant, le colloque accueillera jeudi de nombreuses conférences tenues par des spécialistes, des historiens et des acteurs de la société civile. Demain, à 20h30, au Rex, la projection de Capitaine Conan de Bertrand Tavernier sera précédée par une rencontre-débat avec Jean-Jacques Becker.

Tout le programme de ce 35e colloque en cliquant ici.

[caption id="attachment_71785" align="aligncenter" width="500" caption="Les conseils de Monsieur marmonier"]Les conseils de Monsieur marmonier[/caption]