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Le colloque Michelet décortique les usages de l’histoire

  • Publié le 01/12/2011 à 14:53
  • Par Jennifer BRESSAN
35e colloque Michelet

Le 5 juin 1987 à 18h30, Klaus Barbie comparaissait de force à la barre du palais de justice de Lyon. Impassible, tandis qu'un des témoins, Julie Franceschini, racontait la torture qu'elle avait subie et l'assassinat de son fiancé. "Oui c'est lui. Ces yeux cruels, on ne peut pas les oublier", affirme-t-elle. C'est aussi pour ne pas oublier que l'histoire continue d'être transmise de génération en génération. Mais là ne sont pas ses seules caractéristiques. "A quoi nous sert l'histoire" est le thème du 35e colloque Michelet qui se déroule aujourd'hui et demain matin à l'immeuble consulaire.

Il se poursuit cet après midi, jusqu'à 17h, avec une table ronde. Entrée libre. Et ce soir, à 20h30, au Rex avec la projection de Capitaine Conan de Bertrand Tavernier suivie d'une rencontre-débat avec l'historien Jean-Jacques Becker.

Les jeunes prennent des notes"Moment fort de la vie intellectuelle de notre cité", comme l'a rappelé le député-maire Philippe Nauche au moment de l'inauguration, le colloque Michelet est un des rendez-vous nationaux de l'Education nationale consacré à l'étude des grands problèmes civiques et politiques du monde contemporain. Il est porté par l'association de la Fraternité Edmond-Michelet et soutenu par la Ville, l'académie de Limoges et la CCI de la Corrèze.

Procès BarbieL'an dernier, au moment de la création du service civique, le colloque avait placé au centre des débats l'engagement et le citoyen. Cette année, alors que se précise la création d'une maison de l'histoire de France visant à assurer la diffusion de la connaissance du patrimoine historique français auprès du plus large public, c'est l'histoire qui est mise à l'honneur. Par le biais de débats et de tables rondes, spécialistes, professeurs, acteurs de la société civile et jeunes (sur la matinée de demain) vont s'approprier ce thème en croisant leurs approches pour préciser les usages que nous faisons de l'histoire aujourd'hui. Et c'est bien là la particularité et la richesse de ce colloque que de réunir des intervenants divers : "C'est sa marque de fabrique et c'est son avenir", a réaffirmé Jean-Louis Nembrini, président du conseil scientifique du Centre d'études et musée Edmond-Michelet.

Jean-Pierre Rioux"Chaque temps de ce colloque va apporter en échos des réponses à cette question complexe", a expliqué Yves Poncelet, inspecteur général de l'Education nationale et président de la séance de ce matin. Tandis que Jean-Pierre Rioux, président du Comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France a précisé la raison d'être de ce grand établissement, en rappelant cette exception française qui fait que "beaucoup de temps et d'énergie sont consacrés à la transmission de cette discipline, Dominique Missika, éditrice et productrice à France Culture, a détaillé comment avaient été opérés les choix d'image pour la réalisation d'un DVD*de 19h sur le procès Barbie.

Dominique MissikaUn procès qui s'est déroulé sur 37 jours, qui a réuni 107 témoins et 42 avocats. Sur les 145 heures d'enregistrement, Dominique Missika en a conservé 19: "Un condensé qui vise à ne rien déformer. Ce film de procès est utile pour les professeurs pour évoquer la résistance, le régime de Vichy ou encore la réalité des crimes contre l'humanité." Mais aussi pour tous les citoyens car si les événements ont montré que parfois les hommes ne tiraient pas les conséquences des leçons que donne l'histoire, "l'ignorance des faits condamne à coup sûr à répéter les mêmes erreurs", a estimé le député maire.

* Le coffret Barbie contient 6 DVD et un livret de 40 pages co-édité par Arte et Ina Editions. Plus d'infos ici.

Retrouvez tout le programme du colloque en cliquant ici.

Sur ce même sujet, vous pouvez aussi lire notre précédent article:

35e colloque Michelet

Inauguration par le député maire Philippe Nauche

Discours de Jean-Louis Nembrini, président du Conseil scientifique du centre d'études et musée Edmond-Michelet

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Des jeunes qui prennent des notes demain, et animeront le colloque demain