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Des apprentis allemands à l’épreuve de la mécanique française

  • Publié le 09/06/2009 à 09:52
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Line-Rose Mazaudoux remet une malette de bienvenue aux jeunes Allemands

Les huit lycéens viennent de Ludwigslust, une ville du Nord de l'Allemagne, à côté de Hambourg et vont passer trois semaines à Brive dans le cadre d'un échange avec le lycée Lavoisier et son centre de formation des apprentis. Eux même apprentis en mécanique automobile, ces jeunes d'outre-Rhin vont travailler en entreprise et pouvoir expérimenter la méthode française. Tout en savourant la culture locale.

Un projet original, en quelque sorte un "Erasmus" appliqué à la formation professionnelle.



Entrée au lycée Lavoisier des apprentis allemands accompagnés d'André Pamboutzoglou et de Line-Rose MazaudouxComme un symbole, ils sont arrivés hier, au lendemain des élections européennes. La plupart ne parle pas le français, certains en connaissent trop peu d'expressions pour pouvoir ne serait-ce que demander leur chemin. Alors tout passe par l'interprète Nora ou par le recours à l'anglais.

Ce projet d'échange franco-allemand s'est déjà concrétisé en mars dernier par le séjour à Ludwigslust de 11 élèves en première à Lavoisier. Sur place, pendant trois semaines, ils ont suivi des cours au lycée allemand qui intègre 2000 apprentis. Ils ont également travaillé en entreprise, avec leur correspondant. Aujourd'hui, les Allemands s'apprêtent donc à faire la même chose à Brive.

"C'est une première pour les deux établissements", souligne la proviseur Maryse Coste. "Ce type d'échange est une pratique courante en université mais reste originale en lycée professionnel et en centre de formation des apprentis. Cette initiative permet à de jeunes élèves de partir en stage dans un autre pays, en Europe, d'apprendre une langue, une culture et d'autres façons de travailler dans un même métier."

Les jeunes Allemands vont passé leur première semaine en internat au lycée. Ils y partageront quelques cours d'anglais ou de math, visiteront les ateliers de l'établissement, des entreprises de la région... Le plus enrichissant sera sans nul doute les deux semaines suivantes qu'ils vivront complètement immergés dans la famille de leur correspondant, partageant avec lui sa journée d'apprentissage en entreprise.

Fritz, 22 ans, un des jeunes AllemandsAvant leur départ, les jeunes Allemands ont eu droit à un cours accéléré de français et un glossaire plus technique a été glissé dans leur malette de bienvenue. Une barrière de la langue qui ne les impressionne pas pour autant. "C'est vrai que ça peut-être handicapant. Mais lorsque j'ai reçu mon correspondant français, ça a bien fonctionné. On arrivait à se comprendre malgré tout, presque sans mot", explique par interprète interposée Fritz, 22 ans. "Je pense que ce sera pour nous une expérience enrichissante. Surtout la façon de travailler qui paraît plus cool, sans qu'il y ait un rapport de hiérarchie très marqué."

Flavien, 17 ans, qui s'apprête à recevoir son correspondant Sven, se déclare lui très satisfait de son séjour à Ludwigslust: "Ça m'a apporté une autre regard sur la mécanique. Les Allemands ont une façon de travailler différente, plus stricte. On fait aussi plus d'heures de travail. Ça m'a permis d'enrichir mes connaissances et notamment d'approfondir mon anglais."

Une expérience qui ouvre donc la voie. D'autant que les institutionnels ont soutenu ce projet porté depuis maintenant un an. L'échange a entre autres bénéficié de l'aide financière du Conseil régional, lui-même jumelé avec la Moyenne-Franconie du côté de Nuremberg. "Les obstacles de la langue tomberont facilement lorsqu'il s'agira de travailler de manière concrète en automobile", prédisait le vide-président André Pamboutzoglou lors de la réception de bienvenue qui rassemblait aujourd'hui jeunes visiteurs, correspondants, inspecteurs, professeurs, élus et professionnels impliqués. Car les entreprises allemandes comme françaises ont également bien joué le jeu, en acceptant de se séparer de leurs apprentis ou de se charger des doublons pendant trois semaines.

Les apprentis allemands et leur professeur accueillis au lycée Lavoisier