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Rayahzone, chronique d’un succès annoncé

  • Publié le 19/03/2012 à 09:44
  • Par Jennifer BRESSAN
copyright Dan Aucante Rayahzone, pièce pour trois danseurs et cinq musiciens soufis, fait l’événement en ce moment en France. Les Treize arches ont eu du nez. Voilà plusieurs mois qu’ils l’ont réservée, en date du 17 mai, pour figurer dans la programmation de DanSe en Mai. Fort heureusement, car tout le monde doit désormais se l’arracher.



Le décor ne paye pas de mine. Des murs de la couleur du sable chaud de Tunisie, un rideau de fer et un échafaudage. Comment présager, à ce moment-là du spectacle, de ce qui va se produire sur scène et dans la salle? Patience.

copyright Dan Aucante Car le temps joue en la faveur des frères Ali et Hèdi Thabet, créateurs de Rayahzone. Dix ans qu’ils cherchent vainement à collaborer. La vie entraînait jusque-là Ali de par le monde dans des projets spectaculaires, tandis qu’Hèdi, dans l’ombre, s'est vu contraint de se recentrer sur lui, s’interrogeant sur la direction qu’il pourrait bien donner à sa vie, après l’amputation d’une de ses jambes à 18 ans. Finalement, la rencontre artistique s’est produite. Rayahzone est né.

Sur scène, les personnages qui puisent dans les arts de la danse, du cirque et du théâtre captivent, envoûtent. Non que chacun de leurs mouvements soit des prouesses mais plutôt que l’intensité et la sincérité qu’ils engagent sur scène déconcertent. Pas de place ici pour les flonflons. A quoi bon quand on veut dire la rudesse de la vie, le courage, le dépassement de soi?

L’émotion se passe de mots mais ne se vit pas sans maux. Les personnages de la "folie", incarnée par Ali, de la "mort" par son frère Hèdi et la "raison" par Lionel About, 3e compère lancé dans l’aventure, s’imbriquent mal d’abord, s’entrechoquent mais se soutiennent finalement dans une humanité réapprivoisée, dans un espace repeuplé.

Repeuplé grâce à la musique aussi qui habite en live l’espace de la scène, les corps et les esprits de bout en bout: la musique soufie tunisienne faite de chants, de claquements de mains et de percussions enivrantes qui ouvrent sur une autre dimension, assez spirituelle à dire vrai.

Une vibrante expérience qui fait toucher du doigt un autre possible et rappelle un certain carpe diem qu’un chant soufi énonce ainsi : "Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie".

Rayahzone, jeudi 17 mai au Théâtre de Brive dans le cadre de DanSe en Mai (9/24 mai). Tarifs: 18 à 4 euros. Ouverture de la billetterie mardi 10 avril. Renseignements : 05.55.24.62.22.