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Le rail sur un mauvais aiguillage

  • Publié le 30/03/2012 à 08:43
  • Par Patrick MENEYROL

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La CGT cheminots organisait hier soir salle du Pont du Buy des états généraux sur l'avenir du service public ferroviaire. Le public était invité à débattre avec les syndicalistes. Auparavant, ces derniers avaient invité les élus à donner leur point de vue sur le sujet.

cheminots & élusTER, TGV, POLT, TET, toutes les liaisons ferroviaires qui existent pour Brive ou la région ont été passées en revue par les représentants CGT dans la présentation faite aux élus qui avaient répondu à l'invitation, élus de gauche essentiellement. Pour le syndicat cheminot, la situation est grave et ne risque pas de s'améliorer avec les différentes décisions prises par la SNCF, ou les différentes politiques mises en place par le gouvernement français et l'Europe. Le constat est simple: la libéralisation qui est en marche conduit à la casse de la notion même de service public. "La politique actuelle est sur une mauvaise voie" insiste Frédéric Cueille, le secrétaire général CGT cheminots de Brive. Pour lui, "on met l'argent sur le TGV parce que ça rapporte de l'argent, vite et bien, mais que fait-on pour les TER ? Rien, ou pas grand chose." Cela implique selon lui "une séparation financière, une séparation sociale des gens qui, selon leurs moyens, peuvent voyager confortablement et à l'heure avec le TGV, ou dans de mauvaises conditions et souvent avec des retards sur les TER. Pourtant, les TER, c'est le quotidien des gens qui travaillent, des étudiants." C'est là que, selon le syndicat, il faudrait mettre les moyens.

cheminots & élusUne situation, un constat, que développe Philippe Tillet, le secrétaire du comité d'entreprise de la région de Limoges. "On assiste" dit-il "à une dégradation très importante des conditions de travail pour les agents de la SNCF, mais aussi pour les voyageurs. C'est pour cela que le public doit se battre et se mobiliser lui aussi". La liaison Brive-Paris est significative à ce sujet selon lui. "C'est lamentable. On ne peut plus rallier la capitale avant 9 heures du matin. Pareil pour Toulouse où le nombre de trains a diminué. Les gens n'ont plus l'offre de voyage qu'ils sont en droit d'attendre de la part d'un service public." A cela vient s'ajouter la question des travaux incessants sur les lignes qui impliquent de nombreux retards et souvent aussi des suppressions pures et simples de trains.



"Il faut le TGV à Brive sinon la ville est hors-jeu, car trop éloignée de Paris" soulignent les syndicalistes. La ligne POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) n'est plus attractive selon la CGT. Elle connait une chute importante de son chiffre d'affaire. L'objectif de l'entreprise sur cette liaison est tombé de 38% avec toutes les conséquences directes ou indirectes.cheminots & élus "S'il y a moins de voyageurs et une baisse du CA, cela veut dire qu'il y a une baisse également pour les activités liées aux gens qui voyagent, hôteliers, restaurateurs, commerçants en général" précise Philippe Tillet. "De plus" rajoute t-il, "si la ligne est déficitaire, en 2014, au moment de l'ouverture du rail à la concurrence, les investisseurs ne sortiront pas un euro et l'Etat risque de transférer le tout aux collectivités locales".

Un argument que les élus présents avaient déjà bien assimilé car ils ont déjà dû batailler en Limousin avec les volontés de la SNCF de faire compenser le désengagement de l'Etat par les Régions. Des élus qui par ailleurs ont soutenu l'idée de contrecarrer au maximum l'ouverture à la concurrence et qui souhaitent également que Brive bénéficie de la grande vitesse. Cela s'appelle l'aménagement du territoire.