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La justice en scène

  • Publié le 30/03/2012 à 14:24
  • Par Patrick MENEYROL
le droit se meurt

C'est à un spectacle peu ordinaire auquel étaient conviés cet après-midi des élèves de Lavoisier et de Cabanis au centre Raoul Dautry. "Le droit se meurt" traite de la justice, de son histoire et des menaces qui pèsent sur elle. Sur les planches, Alain Bressy, comédien et juge d'instruction, ou l'inverse...

le droit se meurtLa frontière semble mince pour cet homme truculent aux cheveux gris. Juge, comédien. Comédien, juge. En fait, Alain Bressy connait les 2 mondes qui ne sont pas si éloignés l'un de l'autre pour qui a déjà suivi un procès dans une salle de tribunal. Son entrée en scène, il la fait depuis le fond de la salle en hurlant "à mort! Tuons-le! Cet homme a fait le mal, il doit payer!". De quoi interpeller la cinquantaine de jeunes présents. "Oui mais" enchaîne Alain Bressy, "n'a t-il pas le droit à la parole? Ne doit-on pas le laisser expliquer son geste? Devons-nous nous priver de comprendre son attitude?" Non bien sûr.

le droit se meurtMagistrat à Bergerac, après 17 années passées à Périgueux, l'homme porte un regard sans concession sur la justice et surtout sur la volonté des politiques de vouloir la contrôler. Avec cette conférence théâtralisée, il entend sensibiliser le public à ces questions, avec une volonté, que chacune et chacun d'entre nous puisse défendre cette indépendance si chère aux magistrats et si nécessaire à un fonctionnement équitable de la "machine judiciaire". Selon lui en effet, depuis 2002, les pouvoirs en place n'ont de cesse de vouloir mettre la main dessus "pour diriger les juges" et précise-t-il "on l'a encore vu dans la récente affaire de Toulousele procureur était au garde-à-vous devant le ministre de l'intérieur et dans laquelle, jusqu'à la mort de Mohamed Merah, aucun juge n'a eu accès à un quelconque début de dossier".le droit se meurt



Point trop de politique et de polémique cependant cet après-midi à Dautry, Alain Bressy réserve cela à un public adulte. "Avec les jeunes" dit-il, "je préfère être pédagogue et tenter de leur faire comprendre comment fonctionne la justice, quelle est son histoire, comment elle était rendue du temps des rois et pourquoi à la révolution et même sous le 1er empire, des gens intelligents ont réfléchi et défini des règles équitables dont aujourd'hui encore nous n'avons pas à rougir". Une leçon très intéressante, émaillée d'exemples véridiques et très "parlants", soutenue par des toiles peintes changées tout au long du spectacle, qui ont su plaire aux élèves de Cabanis et de Lavoisier qui n'ont pas hésité à lancer le débat avec le magistrat en lui posant de nombreuses questions.

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