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Répondre plus efficacement aux violences familiales

  • Publié le 10/07/2012 à 14:14
  • Par Olivier SOULIÉ
Signature du protocole "Distantiel" au TGI de Brive

Apporter une solution la plus efficace possible aux victimes de conflits violents au sein d'une cellule familiale, tel est l'objet d'une convention signée au tribunal de grande instance de Brive hier par 14 partenaires.

Signature du protocole "Distantiel" au TGI de BriveHier, le tribunal de grande instance de Brive accueillait la signature du protocole "Distantiel", dispositif d'éloignement et de prise en charge du conjoint, du concubin ou du parent violent.

Elaboré par de nombreux partenaires (autorité judiciaire, autorité préfectorale, instances publiques et associatives), il vise à permettre la mise en œuvre de l'un des objectifs de la loi du 4 avril 2006, à savoir l'éloignement du domicile familial de l'auteur des violences, accompagné, le cas échéant, de sa prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique.

"L'idée forte de ce protocole est de permettre une plus grande réactivité de la part des organismes qui luttent contre ce type de violences", souligne le procureur de la République Jean-Pierre Laffite.  "Les victimes doivent savoir qu'elles peuvent être aidées et que nous avons les outils pour éloigner la personne violente du domicile. Le protocole que nous venons de signer renforce notre capacité d'actions en proposant une coordination plus efficace entre justice, structures d'hébergement, structures sanitaires et contrôleur judiciaire".

Le dispositif "Distantiel", de nature purement judiciaire (une enquête doit donc précéder la mesure d'éloignement), doit permettre à la parole de se libérer. "Rappelons que 9 fois sur 10, les faits de violence conjugale ne sont pas portés à la connaissance de la justice. Et, depuis le début de cette année, on assiste à une chute spectaculaire du nombre de plaintes en la matière, avec entre 40 et 50% de plaintes en moins par rapport à la même période l'année dernière. Difficile d'interpréter cette chute. Toujours est-il qu'on doit tout mettre en œuvre pour aider les victimes à en parler", a expliqué le procureur.

"A Brive, le tissu associatif de lutte contre les violences au sein des familles est dense et il existe de nombreuses structures qui aident déjà les victimes", a souligné le préfet Sophie Thibault, en faisant référence aux associations SOS Violences conjugales et Le Roc et aux CHRS Solidarelles et Patier. "Il était nécessaire de fédérer ces énergies afin que, dans la mesure du possible, ce ne soit pas la victime qui soit obligée de quitter le domicile familial mais bien l'auteur des faits".

Sophie Thibault, préfet de la Corrèze, aux côtés du procureur Jean-Pierre LaffiteDans son affectation précédente, le procureur Jean-Pierre Laffite a mis en place un protocole équivalent. Il retient de cette expérience passée "l'attente des auteurs de faits violents qui, pour certains, veulent être pris en charge". Et le procureur de raconter avoir "entendu des auteurs se confier pour la première fois sur des faits de violences parfois terribles qu'ils ont eux-mêmes subis dans l'enfance. Peut-être peut-on espérer, en écoutant aussi les auteurs, casser la transmission des schémas violents d'une génération sur l'autre, puisque l'on constate que ça se passe souvent ainsi".

Le protocole "Distantiel" fera l'objet d'une première évaluation après 6 mois d'existence, et une fois par an ensuite.