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La richesse de nos fossés

  • Publié le 25/07/2012 à 15:42
  • Par Patrick MENEYROL
les Escrozes

La gestion différenciée. Derrière ce terme un peu vague se cache une volonté de préserver l’environnement et la biodiversité en maintenant des écosystèmes qui jusqu’à présent étaient régulièrement détruits. Une expérimentation est menée sur les fossés dans différents secteurs de la ville.

les EscrozesDans un souci de préserver l’environnement, la Ville a décidé d’intégrer la gestion différenciée dans ses pratiques d’entretien des espaces verts. Il s’agit en fait de les aménager et de les entretenir de façon différente, en fonction de leur usage, de leur fréquentation, de leur identité et de leur place dans la ville. De façon plus claire, cette pratique permet de maintenir une biodiversité qui souvent, ou jusqu’à présent, était mise à mal par un entretien lourd et sans discernement. Chaque jour, des milliers d’espèces végétales et animales disparaissent de la planète. Repenser la ville sous ce jour nouveau, c’est prendre conscience que l’environnement urbain est un écosystème à part entière. Les élus sont les premiers à pouvoir agir dans ce sens. Avec la gestion différenciée sont mises en place des pratiques plus respectueuses de l’environnement offrant des paysages plus diversifiés. L’exemple le plus emblématique est celui des fossés, un espace qui paraît anodin et qui pourtant renferme, pour ne pas dire abrite, une vie importante, qu’il s’agisse de la flore ou de la faune. Brive regroupe à elle seule pas moins de 1.200 espèces végétales, dont certaines uniques en limousin, ou encore près d’une douzaine d’espèces différentes de chauve-souris.

les EscrozesLes fossés sont ce que l’on appelle des corridors de biodiversité, ils participent donc de fait à un équilibre naturel. Grâce au fauchage tardif ou raisonné, on rend compatible l’entretien de la voirie avec le développement de la faune et de la flore et ainsi maintenir et conserver un espace paysager et écologique. Cela permet également de contrôler la végétation et d’éliminer le cas échéant celle qui n’est pas désirée tout en optimisant les moyens financiers, techniques et les opérations d’entretien. Enfin, qui dit maintien des plantes et arbustes dit limitation de l’érosion des pentes, ce qui est un plus pour des fossés.

Pour les zones intensives, celles qui concernent essentiellement les endroits où la sécurité des usagers doit être privilégiée par une bonne visibilité, les interventions se feront aussi souvent que nécessaire, c’est-à-dire deux à trois fois par an. les EscrozesIl s’agit des carrefours, des virages, des accotements et autres terre-pleins. L’objectif numéro un du fauchage reste en effet la sécurité routière et une végétation trop haute, au-delà de quarante centimètres, est considérée comme gênante. Pour tout le reste, fossés et talus désignés comme zones extensives, le fauchage peut être tardif et ne peut se faire qu’une fois dans l’année, souvent à l’automne, tenant compte ainsi des cycles de vie des espèces de faune et de flore.

La Ville met en place cette gestion différenciée dans trois zones. La première et la seconde sur "Chèvrecujols" et sur "les Escrozes", secteur de Bellet, et la troisième sur "Puy blanc" dans le secteur de Laumont. Une expérience qui permettra de mieux cerner les problématiques et les solutions à y apporter pour donner un visage différent aux espaces verts ruraux et autres de la cité gaillarde et permettre à la nature, qui n’est pas éloignée d’elle, de réinvestir des secteurs aujourd’hui non gérés de façon durable.