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CCI: la proximité à l’épreuve de la crise

  • Publié le 10/10/2012 à 13:25
  • Par Jennifer BRESSAN


"Nous traversons une période d'extrême difficulté pour les entreprises", a posé Jean-Louis Nesti, président de la CCI de Corrèze, hier, lors d'un bilan de l'économie départementale. "Face à cette situation exceptionnelle, il nous faut anticiper, lancer de grands projets et surtout renforcer la proximité aux entreprises."

La situation est sans appel. Tandis que les secteurs défilent dans les propos de Jean-Louis Nesti, le ton reste empreint d'inquiétude. "Le trimestre écoulé montre un manque de visibilité des entreprises et une baisse de leurs carnets de commandes."

Le secteur du bâtiment apparaît le plus touché. "Les carnets de commandes sont inégaux, mais surtout aucune amélioration ne se dessine à l'horizon. Un tassement des constructions semble même se confirmer. Les secteurs du transport et de la logistique, par exemple, ne sont pas en meilleures postures.

Dans ce contexte, il convient pourtant de citer quelques "belles entreprises phares de notre économie corrézienne comme Thalès, Photonis ou Borg Warner". Et de citer également "le projet Andros qui avance et qui devrait voir l'installation de toute la logistique à Brive, ce qui aurait un impact national." Sans compter l'arrivée récente de deux locomotives, Leroy-Merlin (inauguré la semaine passée)  et H&M qui a ouvert aujourd'hui.

A ce propos, le président met en garde: "En Corrèze, il y a une forte densité de commerces, et la saturation en terme d'offre menace. Il faut rester vigilant sur les implantations", indique-t-il, tout en saluant, notamment pour l'enseigne de bricolage les bénéfices en termes de rééquilibrage est-ouest du bassin.

En ce qui concerne le commerce toujours, le président a noté que les métiers de bouche n'était pas touchés par le fléchissement généralisé du secteur tant en milieu rural qu'urbain. Les restaurants ont en effet moins souffert que l'hôtellerie. Reste qu'en la matière, les objectifs de l'été n'ont pas été remplis. D'abord du fait des intempéries mais aussi parce que la clientèle étrangère a été moins présente que prévue. Sans parler des habitudes de consommateurs qui changent: on recherche le meilleur prix, à la dernière minute. "Si le mois d'août a permis de nuancer plus favorablement le bilan, la trésorerie du secteur reste tendue. Quand on dit que l'argent est le nerf de la guerre, c'est quand même bien vrai", a commenté le président.

Une étude sur les restaurants de Brive a aussi mis en évidence la baisse du ticket moyen, à quoi s'ajoute la multiplication des ouvertures d'établissements et la nouvelle mode des bars qui proposent un plat du jour. "Sans compter que les habitudes de la clientèle d'affaire changent", a constaté Jean-Louis Nesti. "Les déjeuners de travail se pratiquent de moins en moins." Economie oblige.

Chiffre phare symbolisant le ralentissement corrézien: la démographie des entreprises. Tandis qu'en Limousin, la baisse des immatriculation atteint 6,2%, en Corrèze, elle plafonne à 15,5%. Par ailleurs, si le solde corrézien, immatriculation-radiation, reste positif, on constate 5,1% de création d'entreprises en moins en Corrèze, alors même que ce chiffre est de 4% à l'échelle du Limousin, 2% au national.

"Dans cette période difficile, accompagner les entreprises prend tout son sens", a alors estimé le président. "Dans cette visée, on a par exemple créé le dispositif  d'accompagnement personnalisé "Passez le cap" pour lequel les demandes sont en forte augmentation. Fin septembre, on avait déjà constaté une hausse des dossiers de 10% par rapport à l'an passé."

Pour Jean-Louis Nesti, le développement d'une proximité aux entreprises est une réponse à la crise qu'elles subissent, notamment vis à vis des entreprises dont le siège est installé hors de la Corrèze. "C'est une manière de ne pas être coupé de la réalité et de la stratégie de l'entreprise. Et de manière générale, il est nécessaire de travailler en parfaite cohérence et complémentarité avec tous les acteurs politiques et économiques du territoire."

Et de terminer: "Il y a la crise, mais il y a aussi l'avenir. Il est aussi important de mener une stratégie défensive qu'offensive. " Et de citer dans la liste des grands projets, la LGV, les projets de zones d'activités à Brive Laroche et autour de l'aéroport.