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Brive-Sikasso : une amitié de 30 ans

  • Publié le 26/10/2012 à 09:27
  • Par Marie Christine MALSOUTE


Une délégation de Sikasso séjourne actuellement à Brive pour célébrer les 30 ans de jumelage qui unissent les deux villes. Un jumelage particulier axé sur le "co-développement" et la mise en place concertée des actions. Hier soir, les représentants de part et d'autre ont signé symboliquement une charte de partenariat pour réaffirmer les liens qui unissent les deux collectivités. Les Sikassois sont associés aux manifestations culturelles qui rythment la semaine, notamment ce soir, le vernissage de l'exposition consacrée à leur culture au musée Labenche et à la chapelle Saint-Libéral.



Les Maliennes portaient beau boubous flamboyants et coiffes assorties; les hommes eux avaient opté en majorité pour des tenues de ville plus occidentales. C'est ainsi que les ont découvert également hier les spectateurs du concert sur le pouce à l'heure du déjeuner. Cette délégation menée par le maire Mamadou Tangara et la députée Marie Sylla, séjourne toute la semaine dans la cité gaillarde. Elle est composée de plusieurs membres du conseil de la commune urbaine et de l'association Teriya, le pendant sur place de l'association française Brive-Sikasso.

"En 30 ans, il y a eu beaucoup de chemin parcouru, pas toujours en ligne droite, mais la relation d'amitié est très solide entre les deux villes, elle s'appuie sur une vraie complicité sans protocole", a rappelé hier soir le député-maire Philippe Nauche, insistant sur la notion de "co-développement" qui se construit avec les représentants légitimes des habitants. Son homologue malien a parlé de "réalisations considérables",  d'un "véritable brassage" et de "vrais amis" qui "ont cherché à nous connaitre véritablement", soulignant lui aussi "la bonne compréhension des besoins réels de la population".

Avant de signer la charte de partenariat, Sikassois et Brivistes ont fait le point des opérations à venir. Les efforts se concentrent désormais sur l'une des quatre pénétrantes de la ville malienne, celle reliant à la capitale Bamako: Flazambougou. "En août, nous avons lancé le projet de construction d'un 2e cycle scolaire qui sera achevé en août", précise Michel Blancher, président de l’association Brive-Sikasso. Pour lui, le jumelage se situe dans la continuité et il tient à associer à cet anniversaire tous ceux et celles qui y ont contribué au fil de ses 30 ans.

De nombreuses actions ont été menées tant dans le domaine de la santé que celui de l'éducation. Le président veut en retenir trois, emblématiques, qui jalonnent ce jumelage coopération. D'abord, la construction en 1986 de la maternité de Mancourani baptisée "Ville de Brive Marcel Cusson", du nom de ce pompier briviste décédé dans un accident lors de l'acheminement de matériel. La volonté ensuite d'avoir fait travailler des jeunes de Sikasso et de Brive sur des chantiers communs en 1982, 1983 et 2010. Enfin, le microcrédit mis en place l'an dernier qui permet à des associations de femmes de concrétiser leurs projets dans le domaine artisanal, quatre ont déjà été accordés.

Seul ombre au tableau: la situation au Nord Mali qui n'est pas sans conséquence sur le jumelage. "Nous pensions inviter l'institut de soins infirmiers à envoyer des élèves en formation à l'hôpital de Sikasso et dans les CESCOM (Centres de santé communautaires, NDLR)... Dans ses conditions, ce n'est plus possible", explique le docteur Syvestre Guth. Autre interrogation: le déplacement d'une délégation briviste à Sikasso en décembre: "Aucune décision n'est prise et nous sommes extrêmement vigilants sur l'évolution de la situation", insiste Michel Blancher. Tout en rassurant: "Nos projets continuent."

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