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Journée de grève à la SNCF : les raisons de la colère

  • Publié le 25/10/2012 à 13:33
  • Par Patrick MENEYROL
 



Une centaine de cheminots était rassemblée en fin de matinée sur le parvis de la gare. Un rassemblement inter-syndical où la CGT formait le gros des troupes. Prises de parole, entrevue avec la direction et explications en direction des usagers, les grévistes veulent faire comprendre la situation pour mieux se faire comprendre de la population.

C'est sous les drapeaux rouge et jaune que la centaine de manifestants s'était regroupée. Le mouvement, prévu pour 24 heures, doit prendre fin demain matin à 8h. Un coup de semonce de la part des syndicats pour dénoncer, une fois de plus, ce qu'ils appellent la casse du service public et une politique de la direction de la SNCF, loin, très loin de leurs attentes et selon eux, du bon fonctionnement d'un service public de qualité. Les problématiques du jour sont d'ordre national, avec bien sûr des conséquences aux niveaux régional et local.

Le national, ce sont notamment l'avenir du système ferroviaire français avec de prochaines annonces du gouvernement, le 30 octobre normalement, sur le fonctionnement de ce réseau entre la SNCF et RFF et l'ouverture au privé et à la sous-traitance. C'est aussi le statut du cheminot avec un accent mis sur ses conditions de travail et sa sécurité. Il est aussi question de salaires. La SNCF a proposé une augmentation de 0,5% au 1er septembre 2012, ce qui, selon Frédéric Cueille, le patron des cheminots CGT de Brive, est "dérisoire puisque ramenée sur 12 mois, cette hausse n'est que de 0,17%". La CGT réclame 6% et un salaire minimum à 1.700 euros car, précise t-il, "il faut savoir qu'aujourd'hui des gens sont embauchés à moins que le SMIC à la SNCF".

Les salaires et l'emploi sont bien entendu des questions locales également. Ainsi, selon le CGT, "la balance des emplois dans la région est négative. 86 emplois ont été perdu entre octobre 2011 et octobre 2012". Ce sont essentiellement des départs en retraite non remplacés, la CGT réclame donc 86 embauches pour revenir à l'équilibre. Localement, il est aussi beaucoup question des travaux, "nécessaires", conviennent les syndicats mais "faits n'importe comment depuis que la roue (la SNCF, NDLR) a été séparée du rail (RFF, NDLR)". La CGT précise qu'en 2013, "la ligne Paris-Limoges-Toulouse sera impactée sur 45 semaines par des travaux, la ligne sera également totalement fermée sur 5 week-ends" avec un impact non négligeable sur le réseau inter-cités mais aussi TER. "Une façon de faire en dépit du bon sens" selon les syndicats qui dénoncent le fait que "RFF (Réseau ferré de France) fasse ses affaires sans tenir compte des impératifs de trafic et des usagers".

"Le danger", précisent-ils, "c'est de laisser notre entreprise en pâture aux financiers, qui détruiront le service public des transports, comme ils l'ont déjà fait pour la communication et l'énergie".