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L’Orient Express laisse les auteurs à Brive et admiratifs

  • Publié le 09/11/2012 à 14:53
  • Par Jennifer BRESSAN


C'est un train du livre unique auquel viennent de prendre part quelque 350 auteurs, attachés de presse et éditeurs. Un voyage gourmand entre Paris et Brive de plus de cinq  heures dans les wagons originaux, art Déco et légendaires de l'Orient Express.

Il est 7h30 ce matin dans le hall de la gare d'Austerlitz. Le quai du train acheminant les auteurs de la Foire du livre à Brive vient d'être dévoilé, le 21. Un train spécial, comme l'indique le panneau lumineux. Et pour cause! Il s'agit, comme annoncé, de wagons originaux de l'Orient Express!

"Comment ça va?" questionne un auteur. "Comment ça n'irait pas?" répond du tac au tac un de ses semblables. Ce trajet aux accents légendaires, aux saveurs délicieuses, n'a pas manqué de charmer son monde. Le contraire aurait tout de même été étonnant !

Dès 8h du matin, sur le quai 21, entre un café et une chocolatine, beaucoup de passagers s'amusent à prendre la pause devant ce train de légende, théâtre d'actes historiques comme la signature de l'armistice de 1918, décors de films devenus classiques comme Le Crime de l'Orient express de Sidney Lumet, version filmée du roman d'Agatha Christie. D'authentiques espions, de grands agents agissant pour le compte du Kremlin s'y sont succédés, de même que des écrivains de haut vol et des célébrités à l'image d'Hemingway, Kessel ou Marlène Dietrich.

Ce matin, Amélie Nothomb "enchapeautée", Olivier Adam, Bernard Pivot, Patrick Deville, Prix Femina de cette année, Florian Zeller, Philippe Gildas, l'équipe de Charlie Hebdo, et bien d'autres étaient du voyage. Leurs yeux fatigués, leurs traits un peu tirés d'abord devaient se détendre par la suite.

Les vieilles connaissances ou nouveaux amis se retrouvent en affichant haut leur cordialité; ça parle de ses dernières lectures, des prix présents, de ceux à venir, ça bouquine tranquillement. "Je t'ai entendu sur Radio Classique", fanfaronne un, tandis qu'un autre derrière tente tant bien que mal de faire rentrer son bagage à roulettes dans l'endroit vraisemblablement prévu à cet effet, et constate avec dépit que ce genre de bagage devait être bien peu en vogue il y a 80 ans. Et tandis que les éditeurs et attachés de presse s'affairent autour de leurs auteurs, enfants gâtés habitués à se laisser porter, l'Orient Express, allongé par un corail pour permettre à tous d'être du voyage, fait chauffer ses moteurs.

Dissimulés derrière des rideaux, invisibles pour les passants, la luxuriance et le raffinement des wagons  s'imposent comme une évidence et sans ménagement aux yeux des passagers. Amélie Nothomb, installée dans le wagon de la Flèche d'Or, n'arrive pas à détacher son regard des charmes du décor qui l'environne. Ses yeux se perdent et ne reviennent que pour révéler, du bout des lèvres, l'évidence: "J'ai toujours été amoureuse de ce type de reliefs laliques", ceux qui ornent les wagons. "Ces motifs art nouveau sont pour moi le comble du raffinement." Elle n'en dira pas plus, ses yeux sont déjà repartis se perdre dans les méandres labyrinthiques du décor.

Dans le wagon suivant, celui baptisé le Train Bleu, dont on murmure qu'il était le préféré de Coco Chanel, tout n'est que luxe et raffinement. Florian Zeller et Cabu, entre autres passagers, ont eu le privilège d'y voyager. Et tandis qu'une assiette en remplace une autre, que les verres vides reprennent contenance, les mots s'échappent plus forts. L'atmosphère, d'abord feutrée, se laisse un peu aller. La table réunissant une bonne partie de l'équipe de Charlie Hebdo, qui vient fêter ses 20 ans sur la Foire, laisse échapper blagues et éclats de rires qui répondent à ceux, quelques wagons plus loin, de Jean-François Kahn et de compères l'environnant.

Une dernière prune et puis s'en vont. Rapidement après le dessert et le café, le train du livre fait son entrée à la gare de Brive. Sur le quai, le maire de Brive Philippe Nauche et le président de cette 31e édition Erik Orsenna, qui viennent de déjeuner en mairie, attendent que les portes s'ouvrent et délivrent le flot de passagers, les ventres arrondis sous les ceintures, le rouge aux joues plus prononcé qu'en début de matinée. La conversation s'engage avec Amélie Nothomb, une des premières à s'extraire de ce train si ce n'est diabolique, en tout cas diabétique! Suivent les autres, s'attardant plus comme Patrick Deville ou moins, peut-être impatients de rejoindre leur hôtel pour se remettre du voyage ou, pour les plus téméraires, de rejoindre les stands où les attendent déjà de nombreux lecteurs. Car tout ne fait que commencer...

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