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Florian Zeller: « Je suis l’inverse d’un aventurier ! »

  • Publié le 09/11/2012 à 18:10
  • Par Jennifer BRESSAN


Florian Zeller, qui vient dédicacer son dernier roman La Jouissance (Gallimard) à la Foire du livre, s'est confié avec une sympathique franchise sur son rapport à l'écriture, peu avant que les victuailles alléchantes mais engourdissantes ne soient servies dans l'Orient Express ce matin.

Brive Mag: Quelle place occupe le voyage dans le processus d'écriture?

Florian Zeller: Aucune! Je ne suis pas un voyageur. Je n'aime pas partir, ou alors je n'aime partir que pour retrouver l'idée de revenir. Je suis l'inverse d'un aventurier. J'écris toujours dans mon bureau.

Jamais de notes prises au vol?

Si, c'est vrai, quelques notes prises lors de voyages, en avion ou dans une chambre d'hôtel.

L'échange avec le lecteur, à l'occasion d'un salon par exemple, est-ce un exercice imposé ou apprécié?

J'apprécie de rencontrer les lecteurs mais la solitude est quelque chose d'important pendant l'acte d'écriture. Il me semble qu'écrire implique un dégagement du reste du monde. Or dans une rencontre, on fait un pas vers ce reste du monde. Ecrire pour moi requiert une disponibilité synonyme de retrait du monde. Cela ne m'empêche pas de penser que la rencontre avec le lecteur est quelque chose de précieux. Il est finalement rare que ces deux solitudes que sont le lecteur et l'écrivain se rencontrent.

Le processus d'écriture est-il pour vous un moment heureux ou douloureux?

C'est tour à tour les deux. Ce qui est vrai par contre, c'est que c'est un combat intérieur. On se retrouve bien souvent confronté à ses propres limites. Comme dans un voyage, on fait des grandes découvertes et il y a des étapes ratées. Ce qu'il y a de bien, c'est que maintenant, j'ai appris à gérer les moments d'inquiétudes générés par ces étapes ratées. Il est par contre difficile de généraliser. Chaque écriture, chaque texte a son histoire qui est autonome. On écrit toujours pour la première fois.