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Une nuit au théâtre avec Arno Fabre

  • Publié le 18/01/2013 à 15:26
  • Par Jennifer BRESSAN


Première rétrospective des installations d'Arno Fabre, première nocturne organisée au théâtre: la soirée proposée hier soir par les Treize arches avait un savoureux goût d'inédit. Vous n'en étiez pas? Rassurez-vous! Hier n'était pas la dernière occasion de découvrir les œuvres curieuses et hétéroclites de l'artiste qui vont métamorphoser le théâtre jusqu'au 23 janvier. Entrée libre. Infos: 05.55.24.11.13.

"Je n'aurais jamais plus la même impression pendant la prochaine fuite d'eau d'un de mes robinets", s'amuse un membre du groupe de l'association AVF (accueil des Villes françaises), venu visiter hier en nocturne l'exposition réunissant une dizaine d'installations de l'artiste plasticien Arno Fabre dont le célèbre Dropper 01, un orchestre où les pierres et les élastiques produisent la musique qu'interprètent des gouttes d'eau. "Cela va dorénavant conférer plus de poésie à ces fuites!"

Il est bientôt 22h et dans le théâtre, tandis que le groupe réunissant des membres d'AVF et du Tucss ont terminé leur visite, les allées et venues se poursuivent. Le public venu découvrir l'exposition continue de déambuler: "Ça fait plaisir de voir les gens circuler librement dans le théâtre", lance Colette Froidefont, responsable de la programmation aux Treize arches. Plaisir partagé par les membres du groupe: "Nous sommes toutes abonnées au théâtre, et nous avons déjà eu l'occasion de le visiter mais là, d'y déambuler librement en soirée, d'emprunter tous ses dédales, et presque nous y perdre, nous permet de découvrir le théâtre autrement."

Elle n'est apparemment pas la seule à le penser: "Ces deux derniers jours, 180 personnes sont venues voir l'exposition", indique Séverine Sancier, responsable de la billetterie. "Un chiffre qui ne prend pas en compte les nombreux groupes réunissant des élèves, de la maternelle au lycée et des membres d'associations."

Tout au long de l'heure et demie qu'a duré la visite, le groupe est allé de découverte en découverte, accompagné par Ghalem Toumi, chargé d'action culturelle danse et musique aux Treize arches, qui a décrypté les œuvres les plus mystérieuses et enrichi la visite de commentaires et anecdotes sur l'artiste et ses installations. Certaines d'entre elles ont laissé plus dubitatif que d'autres le groupe. D'autres ont tiré des sourires ou carrément des éclats de rire comme ces vidéos montrant des hommes et des femmes gonflant des ballons jusqu'à l'éclatement ou le BUP, banc d'utilité public où il faut payer pour faire rabattre les piques empêchant une assise libre et aisée.

Mais qu'elles paraissent hermétiques ou soient plus faciles d'accès, Arno Fabre le répète à l'envi: "Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise compréhension de mes œuvres: il n'y a que des émotions. L'important est que ça touche les gens. Si on est touché, on ne peut être que dans le juste de la compréhension", confie-t-il, pudiquement installé dans un coin de l'espace accueillant la Cloche.

"Je me suis fait tout un cinéma pendant Les Souliers", confie Pierrette, visiblement touchée, presque honteuse de dévoiler ce qu'elle pense être extravagant. "J'y voyais un bataillon et y ai perçu des moments de vie et de mort, jusqu'à voir comme ces soubresauts qui précèdent la mort", admet-elle, gênée. Qu'elle se rassure, elle n'est pas la seule à avoir ressenti et imaginé de bien drôles de choses hier soir. Le plus fou restant peut-être que cette diversité, cette effervescence sortent de la même paire de mains, du même cœur, du même cerveau. "C'est mon univers qui est là", ne saurait expliquer autrement l'artiste.

Sur ce même sujet, vous pouvez consulter notre précédent article:

La semaine du son, jusqu'au mercredi 23 janvier inclus (sauf dimanche) au théâtre. Samedi 19 janvier de 11h à 18h. Visites de groupes sur rendez-vous. Entrée gratuite. Déambulation libre. Plus d’infos au 05.55.24.11.13 et sur le site: www.lestreizearches.com .