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Un nouveau lien entre Brive et Sikasso

  • Publié le 19/04/2013 à 08:17
  • Par Patrick MENEYROL


Un nouveau pas est franchi dans la coopération entre l'hôpital de Brive et celui de Sikasso, commune jumelée avec la cité gaillarde. Le chef du service cardiologie de l'établissement malien est en formation pour un mois. Un échange et un transfert de compétence qui devrait se renouveler dans le domaine médical.

Abdullaye Traoré est tout sourire quand il arrive dans sa blouse blanche, accompagné par le docteur Eric Fleurant, chef du service cardiologie de l'hôpital de Brive. Ce médecin malien, lui aussi chef du même service à Sikasso, entame sa 3e semaine de formation. Une formation rendue possible à travers l'association Brive-Sikasso et notamment son pôle santé, avec le concours actif de la direction du centre hospitalier et celui de la mairie. Formé à Dakar, et durant 2 ans à Brest, le docteur Traoré  est là pour se perfectionner dans un domaine bien particulier, celui de la pose de pacemakers.

"Beaucoup de patients chez moi ont besoin de stimulation cardiaque" explique-t-il, "et cette technique est encore peu développée. Ici, j'apprends, j'approfondis mes connaissances et je découvre également les nouvelles technologies". D'ailleurs, en plus des pacemakers, il se forme également dans le domaine de l'échographie cardiaque et de l'imagerie médicale. "Nous avons du matériel à Sikasso mais il faut évoluer et mettre en place des techniques qui répondent au mieux aux besoins des patients" dit-il, une tâche pas si facile que cela en raison du coût financier, plus encore quand on apprend qu'il est le seul cardiologue de l'hôpital de Sikasso, une ville de 600 000 habitants, centre d'une région qui en compte 2,5 millions. Difficultés également dans le prix des soins et leur prise en charge. Au Mali, il n'y a que les fonctionnaires qui ont une sécurité sociale. Dans un pays où le salaire moyen est d'environ 200 euros par mois, on imagine les difficultés de certains patients qui ont besoin d'un pacemaker qui coûte 3000 euros. "Heureusement en Afrique, la solidarité familiale existe vraiment" précise le médecin, "et tout le monde se cotise pour payer l'intervention".

Nouvelles techniques, nouvelles technologies, le docteur Traoré repartira à Sikasso à la fin du mois avec de nouvelles compétences et des contacts intéressants pour trouver du bon matériel pour son service. Il souhaite que d'autres puissent bénéficier de ce genre de formation, médecins et infirmières qui ne sont pas "au niveau des professionnels français". Un souhait que partage la direction de l'hôpital et le docteur Willian Assaf, chef du service d'urologie mais aussi vice-président de l'association Brive-Sikasso. "Il faudrait que pour chaque spécialité médicale des échanges puissent se faire pour les médecins et les personnels soignants" mais aussi précise-t-il "que des chefs de services, des chirurgiens et des infirmières puissent partir sur place pour former leurs homologues".