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Réussir le pari de l'inclusion scolaire avec les EDEIS

  • Publié le 30/04/2013 à 13:05
  • Par Jennifer BRESSAN


Depuis la rentrée de septembre, une équipe de dix enseignants spécialisés pour l'inclusion scolaire (EDEIS) a été déployée dans le département. Un dispositif totalement innovant qui veut faciliter l'accès aux apprentissages des élèves en difficultés ou porteurs de handicaps dans les établissements scolaires ordinaires.

La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés et affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté. C'est dans cette optique qu'a été créé le dispositif EDEIS totalement innovant et inédit sur le territoire national.

Opérationnel depuis la rentrée de septembre dans le département, l'EDEIS se positionne en complément des structures déjà mises en place (SESSAD ou CMPP) pour les jeunes en difficultés ou handicapés. "La spécificité de ce dispositif", note le directeur académique de la Corrèze Christian Willhelm "est que l'élève n'est pas sorti pas de sa classe. Il est pris en charge par l'enseignant spécialisé au sein de son milieu d'apprentissage." Il s'explique: "On a voulu jouer à fond la carte de l'inclusion. Par rapport à ce qui existe déjà, la philosophie est tout autre mais le procédé complémentaire", assure-t-il.

Sur Brive, interviennent trois enseignantes spécialisées itinérantes, implantées administrativement sur l'école de la Cité des Roses où elles viennent de se voir accorder un local d'échanges et de travail;  deux d'entre elles œuvrent exclusivement sur les écoles de Brive. 60 élèves handicapés bénéficient ainsi d'un suivi régulier sur la commune, de la petite section au CM2.

Leur présence constitue dans les classes un allié de taille pour les auxiliaires de vie scolaire et les enseignants bien souvent démunis et seuls face aux handicaps des élèves qu'ils accueillent. "Une fois que les écoliers sont reconnus ou même seulement en phase de reconnaissance d'un handicap par la Maison départementale de l'autonomie (MDA), nous pouvons intervenir", explique Laurence Riccio, une de ces trois enseignantes. Leurs compétences et champs d'action sont larges. Les différents handicaps et difficultés des élèves auprès desquels elles interviennent (autisme, dyslexie, trisomie, troubles du comportement, etc) le nécessitent. La richesse de leur parcours et de leur formation, qu'elles continuent de suivre, le leur permet.

"L'enseignant reste maître dans sa classe", continuent Séverine Nauche, Laurence Riccio et Sophie Babut. Elles peuvent lui apporter appui, conseil et soutien mais aussi intervenir directement auprès de l'élève. "On vient identifier des besoins, adapter le travail de l'élève qui utilise les mêmes supports que les autres: les projets de classe sont bien utilisés et respectés, seules les modalités d'apprentissage sont ajustées, segmentées. Cela permet à l'élève d'être moins stigmatisé, à l'enseignant de déculpabiliser."

"La Ville est très heureuse de pouvoir mettre en place ce partenariat", a assuré Nicole Chaumont, maire adjoint en charge des affaires scolaires qui était notamment accompagnée ce matin de Fabienne Cassagnes, déléguée au handicap et à l'intégration scolaire. "Cela va faciliter le travail des enseignants, des enfants et resserrer nos liens, s'il en était besoin, avec l'Education Nationale."