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A J moins 4 des 24 heures pédestres

  • Publié le 15/05/2013 à 12:03
  • Par Marie Christine MALSOUTE


C'est à 10h ce dimanche que sera donné le départ des 24 heures pédestres de Brive sur un nouveau site: le stadium municipal avec comme base logistique la salle Derichebourg. "C'est un parcours qui peut faire des performances", prédit Sylvie Peuch qui revient tout juste des Pays-bas avec deux nouveaux titres par équipe: championne d'Europe et médaille de bronze mondiale. La licenciée au PBAC ne sera pas cette année dans la course, récupération oblige, mais elle y participera bien, de l'autre côté de la barrière, pour le ravitaillement de nuit.



Hier, Bernard Continsouzas, le président du PBAC organisateur, a tenu un dernier point de presse sur site en annonçant une participation de 80 ultrafondeurs venu(e)s de toute la France. "C'est un peu moins que d'habitude", reconnait-il. A cela, plusieurs raisons. D'abord, l'épreuve ne revêt pas cette année d'enjeu majeur: pas de championnat de France en question. Elle tombe également dans un calendrier déjà chargé, notamment en même temps que des épreuves comme "Les gendarmes et les voleurs du temps" la privant de plusieurs locaux. "Il n'y en a que 5 cette année contre 15 habituellement." Sans compter le changement de lieu consécutif aux travaux de rénovation de la salle Brassens: "Le parc de la Guierle est très apprécié des coureurs et certains peuvent avoir des doutes quant au niveau circuit".

Surtout, l'épreuve se déroule le week-end suivant les championnats du monde et d'Europe de Steembergen, d'où l'absence des meilleurs. "Mais il y a des coureurs qui peuvent faire la surprise, notamment des gens qui se sont mis aux 24 heures depuis peu de temps", prévient Bernard Continsouzas. Il faudra surveiller le dossard 48, le Niortais Fabrice Puaud qui a frôlé les 235km (à titre de comparaison, les meilleurs français alignent 240km aux Mondiaux). A suivre aussi Denis Gack qui a tombé les 210km lors de son premier 24 heures. Côté filles, on retrouvera celles qui sont aux portes de l'équipe de France, notamment Chantal Tregou, qui a d'ailleurs participé au stage de préparation nationale, mais aussi Stéphanie Dessartine ou Florence Guillauma.

Pour la championne Sylvie Peuch, le nouveau circuit peut faire la différence: "C'est un parcours qui peut faire des performances, avec moins de virages mais des grandes courbes. Le passage sur le revêtement de la piste d'athlétisme sera reposant aussi...", explique-t-elle d'expérience. Pas de participation à l'épreuve pour la championne qui rentre des Mondiaux-Europe: "On a eu un temps exécrable, avec des rafales de vent de 50km/heure, de la grêle", raconte-telle avec humour. Elle y aligne tout de même 212km. Mais pas question pour elle de ne pas être de l'événement: "Je vais renouer avec mes premiers amours: je serai de l'autre côté de la barrière, au ravitaillement de nuit". La modestie des grands!

L'épreuve briviste qui en est à sa 12e édition, a su séduire le petit monde des ultrafondeurs. "Des 5 championnats du monde auxquels j'ai participé, au niveau organisation, c'est Brive qui reste le meilleur et je ne suis pas chauvine", affirme Sylvie Peuch. Une organisation bien rodée qui a entamé sa propre course de fond bien en amont: "Notre particularité est de bien soigner le ravitaillement commun, l'accueil et les concurrents ont à leur service podologues, kinés, infirmières et médecins, au-delà de ce qu'exige la réglementation", ajoute Bernard Continsouzas. Sans compter que la course dispose du label régional, mais aussi du label IAU qui permet d'homologuer les records quelque soit la région ou le pays du concurrent. "Nous devons être un des seuls 24 heures en France à l'avoir." Une motivation supplémentaire pour les concurrents.

Le public lui reste toujours partagé entre admiration et incompréhension envers ces coureurs de l'extrême qui tournent pendant 24 heures, gérant au minimum leur temps de repos pour afficher au final la plus longue distance, puisant plus loin au fond d'eux-mêmes la volonté de pousser quelques mètres toujours plus loin. "On ne court pas après le temps, mais après les kilomètres", nuance la championne.