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Brive festival chavire entre pop rock et tango

  • Publié le 20/07/2014 à 00:38
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Plaza Francia

La deuxième grande soirée de Brive festival aura déjoué les mauvaises augures : la vigilance orange aux orages comme la défection de dernière minute de Gaétan Roussel. Cats on trees, Yodelice et Plaza Francia ont envouté les 3.000 spectateurs. Une soirée pleine de pêche, mêlant la pop au folk, le rock au tango.



Cats on trees1Les organisateurs en sont quitte pour leur frayeurs. Il n'y aura pas eu les grêlons tant redoutés et seulement une vingtaine de demandes de remboursements suite à la défection de Gaétan Roussel (le chanteur de Louise Attaque s'est rompu le tendon d’Achille la veille au soir sur scène). Les Cats on trees ont donc ouvert le bal avec leur pop mélancolique, brillante, légère et inventive. "Vous avez l'air d'être bien les pieds dans le sable?", lance Nina au bout de deux morceaux, battant le rappel des festivaliers pour qu'ils se rapprochent vers la scène avant d'entamer Sirens Call, cette mélodie envoûtante que tout le monde reconnaît et qui a fait décoller ce duo toulousain sincère et sensible.

Cats on trees4On leur reproche de chanter tout le temps en anglais, les voilà qu'ils livrent un nouveau morceau, composé en français Les bateaux. Une pop à pas de velours. "Vous êtes prêts à bouger un petit peu?" demande le chanteur batteur. Les deux compères enchainent leurs mélodies aériennes qui emmènent le public dans un univers de flâneries et de vagues à l’âme.  "Est-ce que je pourrais emprunter votre chapeau, monsieur?", questionne abruptement Nina. Un indice pour accueillir sur scène Yodelice venu se joindre à eux le temps d'un morceau. Le public est ravi. Finalement, la belle décide que le chapeau lui sied et veut le garder jusqu'au bout. "Je vais vous apprendre le refrain d'un nouveau titre", rebondit-elle. Et le parterre chante en choeur Ouh ouh. Une batterie et un clavier peuvent suffire pour plaire au public.

Yodelice 1Avec Maxime Nucci, alias Yodelice, le rythme de la soirée se fait plus folk et les rifles plus endiablés. Avec son chapeau et sa guitare, ce cow-boy lunaire a surgi à travers des faisceaux en triangles. Sur scène, un arbre nu plante le décor de ce drôle de personnage. L'amoureux des guitares et ses acolytes enchainent alors les tubes qui vont mettre le public en transe. D'autant que le chanteur y ajoute des solos dignes d'un grand guitar-hero. "C'est quand même un endroit incroyable ce sable avec toutes ces affiches", interpelle-t-il.

Yodelice 2Le beau gosse à la latte sur la joue n'hésite pas, entre deux chansons, à raconter petites et grandes anecdotes avec beaucoup d'humour. C'est l'explosion lorsqu'il annonce Sunday with a Flu, "la chanson qui a changé ma vie". Son Fade Away va mettre le feu aux poudres. Les festivaliers sautent et en redemandent. Il les fait chanter, crier, danser avec lui. Le public est conquis. Il l'achève avec un Wake me up prolongé, dans lequel il finit par descendre parmi les festivaliers, tel un cow-boy chevauchant les plaines, et danser avec eux. "On reviendra souvent", promet-il avant de disparaitre.

Pendant le changement de décor, le directeur de l'Office de tourisme Stéphane Canarias prend le micro et demande au public un tonnerre d'applaudissements afin de souhaiter en vidéo un bon rétablissement à Gaétan Roussel, opéré le matin même. L'occasion aussi de saluer les intermittents: "sans eux, il n'y aurait pas de festival cette année".

Plaza Francia4C'est donc à Plazia Francia de clôturer cette soirée. Une intro installe savamment le climat propre à cette musique d'inspiration argentine. Applaudissements lorsque Catherine Ringer s'amene au centre de la scène, impériale comme dans nos plus beaux souvenirs des Rita Mitsouko. Tout dans son allure, ses cheveux attachés, sa jupe noire, sa gestuelle théâtrale, confirme que l'Argentin Eduardo Makaroff et le Suisse Christoph Müller n'auraient pu trouver une meilleure ambassadrice pour leur aventure tango-pop hors du Gotan Project. L'air se fait plus envoutant. Moulée dans une robe noire, la reine Catherine joue des hanches, ondule des épaules. Toute une dramatique de la retenue qui montre son immense talent, de comédienne et de danseuse aussi. Elle emporte le public avec une énergie communicative. Une âme tango qui fait chavirer. De ce nouveau tango inventé par Astor Piazzola et basculé dans la musique électronique par le Gotan Project.

Plaza Francia8La Rita s'éclipse un moment pour que ses amis reprennent des pièces instrumentales du Gotan Project. Elle revient plus flamboyante, dans une robe rouge à brillants qui accentue le côté drôlement sexy de son personnage, avec la connivence de ses fans. Elle vole presque le show mais qu'importe. Le public exulte lorsqu'elle reprend Libertango. Plazia Francia salue comme au théâtre avant de se retirer. Pour finir en rappel par un clin d'oeil fabuleux à Marcia Baila. La dame refait son entrée, la tête coiffée de son écharpe rouge en turban. La Catherine des Rita, l'orchestration des Gotan. La marée humaine se met à onduler et réclame son Andy. Il l'aura, a capela. Même un couplet improvisé sur la mésaventure de Gaétan Roussel.

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