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Au collège Jean Lurçat, la natation fait des remous

  • Publié le 09/10/2009 à 08:50
  • Par Marie Christine MALSOUTE

intro prof



Pas de piscine aujourd'hui pour les collégiens de Jean Lurçat: les élèves sont dans la cour et leurs profs d'EPS au milieu. La cause: l'absence depuis la rentrée du 4e enseignant pour assurer l'activité en toute sécurité. Alors, les profs mettent la pression sur l'administration.

Vendredi matin, c'est toujours piscine pour les élèves en 6e au collège Jean Lurçat: trois classes à 8h, trois autres à 10h. Sauf ce matin car les profs d'EPS sont en colère. La première fournée d'élèves a été sagement regroupée à l'abri sous la surveillance de leurs trois professeurs d'EPS. La fronde couvait depuis la rentrée et a fini par éclater.

"L'an dernier, nous avions un 4e professeur en renfort pour assurer la natation. Nous l'attendons depuis la rentrée", explique Jean-Pierre Durth, professeur d'EPS de l'établissement venu soutenir ses trois collègues qui encadrent l'activité du jour. "Ça fait quinze jours qu'on bataille auprès de la hiérarchie. L'administration ne découvre pas la situation. Le problème n'est toujours pas réglé. En plus, on sait qu'il n'y a plus de TZR (Titulaire de zone de remplacement, Ndlr) disponible. Le rectorat va devoir recruter des vacataires ou des contractuels, ou alors puiser dans le vivier de licence STAPS à Limoges. Mais trouvera-t-on quelqu'un pour 4 heures à Jean Lurçat?", pronostique l'enseignant.

"Nous ne sommes que trois professeurs pour trois classes, environ 65 élèves chaque fois. Ce n'est pas suffisant pour assurer la sécurité, surtout avec des élèves qui ne savent pas ou mal nager", insistent les professeurs chargés de l'activité, Marie-Odile Nideref, Anne Cartigny et Carine Courtiol. "Aujourd'hui, sur 140 élèves, 25 gamins ne savent toujours pas nager et un tiers très mal. C'est une obligation que nous devons remplir: tous les élèves doivent sortir de 6e en sachant nager. Après, ils n'auront plus l'occasion de continuer en collège."

"On apprend à nager à l'école, c'est ça le service public", relance Jean-Pierre Durth. "On ne lâchera pas le morceau. Ce n'est pas un problème de confort pour nous. Là, c'est une question de sécurité des élèves." Et de prévenir: "Si une solution n'est pas trouvée, on ne garantit rien pour vendredi prochain. Aujourd'hui, nous sommes dans la cour, dans sept jours, nous serons dans la rue."

Côté direction, le principal Gérard Ganet garde la mesure et en appelle à la patience. "On a les heures, le budget, le problème c'est de trouver un enseignant soit à l'intérieur de l'établissement soit venant de l'extérieur. Pour des raisons respectables de préservation de postes, nos professeurs ne veulent pas prendre d'heures supplémentaires. Les services du rectorat et l'inspection d'académie mettent tout en œuvre pour trouver quelqu'un au plus vite."

"Ceci étant, les textes nous disent qu'en matière de natation, la priorité doit être donnée aux non nageurs, avec un enseignant pour 12 élèves", rappelle le principal. "Ici, à Jean Lurçat, nous avons pris une autre option en faisant bénéficier tous les élèves de 6e de cette activité. Si aucun professeur n'est trouvé, l'alternative pourrait être de se conformer aux textes et aux possibilités de l'établissement, en nous concentrant uniquement sur les non nageurs. Il faudrait revoir notre organisation. Les autres élèves pratiqueraient EPS en étant répartis sur les professeurs restants." La piscine tombera-t-elle à l'eau pour certains?

Professeurs d'EPS et principal devaient se rencontrer dans la matinée. En attendant, les élèves ont inscrit sur le cahier de liaison la raison de cette absence de cours afin que leurs parents en soient bien informés.