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La foire du livre de tous les records

  • Publié le 08/11/2009 à 17:46
  • Par Michel DUBREUIL
Les visiteurs ont fait le succès de cette éditionLa 28e édition a fermé ses portes laissant derrière elle un parfum de record. C'est la plus grosse foire du livre jamais réalisée en terme de chiffre d'affaires avec une hausse de 15% par rapport à l'an dernier. Outre le succès commercial, elle a également permis de voir se réaliser de belles rencontres.

Carlos Maza et l'Orjazz big bandLa foire du livre ce ne sont pas que des mots, ce sont aussi des notes. Samedi soir Carlos Maza et l'Orjazz big band ont enflammé le public des Trois Provinces. D'un côté une formation composée de 18 musiciens de jazz issus du Limousin, et de l'autre un compositeur et musicien chilien. L'union de ces deux richesses a donné un concert explosif. Difficile de résister à l'énergie et à la chaleur de l'ensemble qui a entremêlé sons et influences diverses, passant d'un registre à l'autre comme Carlos Maza d'un instrument à l'autre.

De retour à la salle Brassens, on retrouvait auteurs et public étroitement mêlés. "Il n'y a pas que Chirac pour vendre tous ses livres", expliquait Laure Adler au ministre Frédéric Mitterrand, "un jeune auteur comme Vincent Message n'en a plus un seul". L'auteur des Veilleurs confirme et confié ses impressions pour cette première participation: "Je trouve cette manifestation impressionnante et chaleureuse. Les gens ont le mérite d'attendre sous la pluie et cette foule donne beaucoup d'espoir pour la lecture. J'avais un peu d'appréhension de me retrouver en tant que vendeur direct avec mon public. Ce travail est fait d'ordinaire par les éditeurs et les libraires. Les questions sont directes".François Beaune, autre jeune auteur primo participant, propose quant à lui une formule: "J'aimerai  raconter l'histoire des gens qui viennent nous voir. Ça serait faire notre métier d'écrivain".

Frédéric Mitterand et Philippe Nauche lors de la visite rencontre Vincent Floderer, origamisteLa foire du livre a également connu un moment peu commun à travers l'interview de Frédéric Mitterrand par Laure Adler. Devant une salle comble, le Ministre de la Culture s'est livré à un exercice brillant évoquant ses lectures, celles faites et celles à faire, les meilleurs façons de les faire partager, ses goûts dont il a revendiqué  la variété: "Je prend aussi beaucoup de plaisir à la "mauvaise littérature", comme les biographies de stars". En tant qu'auteur il n'a pas non plus esquivé les questions de la présidente sur les dernières polémiques, rappelant que cet ouvrage avait été écrit avant la prise de ses responsabilités et dans le goût de l'auto-fiction romanesque qu'il affectionnait. "Je suis un peu désarmé et je ne renie rien", déclarera-t-il. A l'heure des bilans Laure Adler soulignait cet instant: "Il nous a donné une leçon. Il s'est livré avec beaucoup de générosité et de sincérité, sans fiches préparées par ses conseillers".

Frédéric Mitterrand interrogé par Laure AdlerLes habitués de cette manifestation avaient, tout au long de ces trois jours, reniflé dans l'air un parfum d'exception. Les chiffres sont venus confirmer ces impressions. L'édition 2009 a battu tous les records, comme l'a précisé Jacques Veyssière, président des libraires: "En terme de chiffre d'affaires, c'est la plus grosse foire du livre jamais réalisée sur Brive. Ce soir à 17h, nous sommes à plus 15% par rapport à celle de l'an dernier dont le chiffre d'affaires était de 550.000 euros".

conf de presse pour la fin de la foire du livreLe député-maire Philippe Nauche et Laure Adler ont ensuite apporté plusieurs explications à ce phénomène: présence des lauréats du Renaudot, du Flore et du Médicis, bonne rentrée littéraire dans son ensemble, thématiques comme les femmes et le Liban bien reçues par le public, implication forte de la présidente, succès des forums et rencontres, des lectures, des concerts, présence d'éditeurs qui ne venaient pas comme Acte Sud, POL et Phébus, etc. Beaucoup d'auteurs sont repartis après avoir épuisé leurs stocks. Les "poids lourds" comme Chirac, Hollande, Signol ou encore Mimi Mathy (950 en un jour), mais aussi de jeunes auteurs qui venaient à Brive présenter leur premier ouvrage.

Autant d'éléments qui ont permis à Laure Adler de développer. "A Brive, ce qui est exceptionnel, c'est l'égalité entre les lecteurs et les auteurs, et l'exigence des gens qui viennent là. C'est un festival populaire, c'est-à-dire qu'il s'adresse à tous. Trois éléments sont importants: la gratuité, la durée de trois jours qui permet de vraies rencontres, et cette ambiance  d'échanges". La fête a été belle.